Le financement des 23 collèges privés de Seine-Maritime par le Département a fait l’objet, une nouvelle fois, de vifs échanges entre les élus de Gauche et ceux de Droite lors du Conseil départemental du 4 décembre. Pour les élus du groupe de la Gauche combative, communiste et républicaine, Séverine Botte a dénoncé un manque de transparence dans l’utilisation de l’argent public et un manque évident d’agir pour la mixité sociale.
« Monsieur le Président,
Chaque année, cette délibération fait débat car les conditions de financement des collèges privés par les fonds publics du Département, soulève plusieurs questions et pose une série de difficultés.
A l’arrivée, seule votre majorité de droite la vote, non sans avoir préalablement annoncé des bonnes résolutions qui… ne sont pas suivies d’effet.
De deux choses l’une : ou ces résolutions restent confinées au procès-verbal de séance ou, pire encore, elles sont réellement notifiées aux directions des établissements et au diocèse qui s’en contrefichent.
Pour mémoire, il s’agit ici :
- D’une part d’obtenir simplement des garanties pour que les établissements favorisent la mixité sociale, qui, je le rappelle, est notoirement insuffisante au point que la Cour des comptes l’ait expressément souligné.
- Et d’autre part d’obtenir des éléments concrets sur la gestion des établissements et en particulier leurs sources de financements et les grilles tarifaires proposées aux familles.
On ne devrait d’ailleurs même pas avoir besoin de le demander, s’agissant du contrôle de la bonne utilisation de l’argent public.
Pour revenir sur la question, qui nous anime tous les ans, celle de l’absence de mixité sociale, vous-même Monsieur le Président aviez pris date ici, il y a deux ans, pour que le sujet du nombre insuffisant de places ouvertes en SEGPA et en ULIS, puisse être inscrit à l’ordre du jour de vos rencontres avec les directeurs diocésains de Rouen et du Havre. L’an passé, vous aviez réitéré l’importance de les sensibiliser à ce sujet et que vous ne lâcheriez pas.
Pourtant aujourd’hui, la situation ne s’est pas améliorée, elle s’est même dégradée puisque nous ne comptons plus que 4 classes ULIS et 1 classe SEGPA sur les 23 établissements. Soit une classe ULIS de moins que l’année précédente…
Cependant, il existe un levier bien plus efficace pour favoriser la mixité sociale, car si elle ne se décrète pas en tapant du poing sur la table, elle peut quand même être encouragée de manière significative, notamment en bonifiant fortement le nombre d’élèves boursiers dans le calcul des dotations.







