Dans un courrier d’urgence adressé au 1er Ministre Bayrou, les maires, conseillers départementaux et parlementaires communistes des communes concernées par la Politique de la Ville en Seine-Maritime alertent sur l’inconséquence, l’incohérence et les risques des décisions gouvernementales en défaveur des quartiers populaires.
« Monsieur le Premier ministre,
Alors qu’un nouveau report du Comité interministériel des villes a été décidé, les mauvaises nouvelles pour les habitants de nos quartiers populaires pleuvent.
Fermetures de classes dans le cadre des cartes scolaires qui n’épargnent pas les écoles en Réseau d’Éducation Prioritaire, diminution des subventions de l’Etat, à hauteur de 10 à 20%, dans les Contrats de Ville, diminution de près de 30% des budgets alloués à la belle opération « Quartiers d’été », baisse des moyens pour les emplois aidés et l’insertion… sont autant de décisions qui risquent, à très court terme, de menacer des équilibres construits de longue date et de voir des projets associatifs et municipaux remis en cause.
Nous constatons chaque jour les dégâts que peut causer le sentiment d’abandon d’un Gouvernement qui ne tient plus la promesse républicaine de l’égalité des citoyens face aux services publics et aux politiques publiques.
Celles et ceux qui bénéficient des actions inscrites dans nos Contrats de Ville sont, monsieur le Premier ministre, des femmes et des hommes qui travaillent en usine, des agents de l’hôpital public ou des EHPAD, des salariés des commerces et des services, des saisonniers de la restauration et du tourisme, des mères qui élèvent seules leurs enfants, des retraités modestes, des demandeurs d’emploi, et puis des enfants et des jeunes qui aspirent à bien grandir et à prendre leur autonomie.
Ils ont besoin de nos services publics et de nos politiques publiques pour vivre, pour mieux vivre. Nous l’affirmons avec force, ils ont droit au meilleur ! A tous les citoyens des quartiers populaires, l’Etat n’aurait-il à proposer que des coupes budgétaires arbitraires et injustes ? C’est intolérable.
Le 13 mars dernier, nous sommes nombreux à avoir signé l’Appel d’Epinay-sous-Sénart qui alertait – une fois encore – sur les dangers d’une réduction des budgets alloués à la politique de la ville quand le nombre de quartiers prioritaires (QPV) et d’habitants en QPV augmente.
Cet Appel se terminait ainsi : « Nous appelons le gouvernement à se saisir dans la durée des enjeux liés aux quartiers prioritaires et des enjeux de l’égalité territoriale. (…) Nous lui rappelons notre détermination à porter de hautes ambitions pour la politique de la ville »

