Au Conseil départemental du 19 juin, c’était l’heure du bilan et du renouvellement, avec des moyens renforcés, du dispositif départemental « Job76 » au service du retour à l’emploi des allocataires du RSA. Au regard de ce bilan, Maryline Fournier a souligné combien les modestes résultats obtenus malgré de gros moyens mobilisés, tranchaient avec les paroles souvent tonitruantes et stigmatisantes des « pourfendeurs des prétendus assistés ». Car pour qu’il y ait emploi des allocataires encore faudrait-il qu’il y ait suffisamment d’emplois dans le pays… et que le patronat joue un peu plus le jeu…
A ce tarif là, elle s’est également demandée « s’il ne fallait pas mieux financer des vrais emplois publics, d’agents publics, avec une vraie formation, on sait faire. Ce serait gagnant/gagnant : pour les collectivités et nos services publics qui en ont bien besoin, pour les départements, la région, l’Etat et l’Europe qui ensemble financent ici une insertion qui coûte plus cher qu’un emploi de fonctionnaire, et pour les bénéficiaires qui serait assurés d’avoir un vrai boulot stable… ».
« Madame la Vice-présidente,
Permettez-moi tout d’abord une considération préalable, parce qu’elle ne figure jamais dans vos rapports, pas plus que dans vos propos. Si nous devons agir pour le retour à l’emploi d’un nombre important de nos concitoyens, c’est parce qu’ils ont perdu leur emploi.
Et s’ils l’ont perdu, pour beaucoup, c’est parce qu’on leur a pris. Ce n’est pas parce qu’un beau matin l’idée leur est venue d’arrêter de travailler.
On sait tous ici ce qu’il arrive ensuite : au-delà du sentiment d’injustice qui accompagne la perte d’emploi, le sentiment de déclassement parfois, l’anxiété toujours pour continuer de pouvoir payer ses factures sans disposer d’un salaire, et puis les petits boulots qui s’enchainent pour essayer de s’en sortir, et les portes qui se ferment.
La culpabilité aussi quelquefois, surtout quand certaines âmes bien peu charitables viennent en rajouter pour vous stigmatiser, avec tout le venin de leur violence verbale.
Ou encore quand l’assurance contre le chômage pour laquelle vous avez pourtant cotisé, se réduit de plus en plus sous les coups de ceux qui n’en auront jamais besoin, parce qu’ils ont les moyens de s’en passer.
Alors il serait sans doute utile et en tout cas cohérent, d’estimer notre action collective en faveur de l’insertion, d’abord sous le regard porté à la réalité de l’emploi.
Parce que pour s’insérer professionnellement, il faut obtenir un vrai boulot !









