Comme chaque année, le Conseil départemental a pris connaissance, lors de sa séance du 12 février, du rapport annuel sur la situation du Département en matière de développement durable. Un rapport sur les politiques que mène la collectivité sur son territoire et les orientations et programmes de nature à améliorer le développement durable et à contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable inscrits au programme de développement durable à l’horizon 2030 par l’Assemblée générale de l’ONU.
Pour le groupe de la Gauche combative, communiste et républicaine, Alban Bruneau en a fait une lecture critique et constructive…
« Monsieur le Président, Madame la Vice-présidente, Chers Collègues,
Je tiens tout d’abord à remercier les agents des différents services départementaux qui ont contribués à la rédaction de ce rapport. Rapport dense, et de qualité.
Un rapport qui permet d’exposer dans le détail ce que la collectivité met en œuvre toute l’année en matière de développement durable. C’est du concret et cela va dans le bon sens. Ici en Seine-Maritime, à l’échelle du département comme à celle de nombre de nos communes, ont avancé dans le bon sens.
Sans doute pas encore assez vite au regard des enjeux, mais au moins on ne recule pas !
Car à l’échelle plus globale, celle de la planète, l’actualité n’est pas, dans ce domaine comme dans tant d’autres, aussi positive…
Trump a acté le retrait des États-Unis de 66 organisations liées à l’ONU, dont le GIEC, ce qui illustre la stratégie de la droite extrême et de l’extrême droite pour nier et pour lutter contre le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité.
Pire, en s’attaquant aux travaux scientifiques, c’est la vérité même qui est remise en cause au profit des fake news au service de leur propagande. Le néo fascisme et l’ultra capitalisme mènent ainsi, main dans la main, une attaque en mode destruction massive contre la démocratie, les plus démunis et notre planète.
Avec comme seul but de servir exclusivement les intérêts des plus riches.
En France et en Europe, nous avons assisté à une légitime mobilisation de tout le monde agricole, mais avec des débordements, des dérives inacceptables, de certains contre le MERCOSUR, ce traité de libre-échange soutenu pendant des mois par ce qu’il reste de la Macronie.
La production agricole doit être cohérente avec les territoires, respectueuse de l’environnement comme des hommes, et doit permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail. La solution n’est pas de réduire les objectifs environnementaux qui sont les garants de produits de qualité et de notre cadre de vie, mais bien d’arrêter d’affaiblir notre agriculture en la livrant à la prédation du libre-échange. Aucun produit ne respectant pas les normes françaises ne doit pouvoir entrer sur notre sol.
Voir les libéraux se faire les porte-paroles des agriculteurs est cocasse : d’un côté les grands discours, de l’autre un démantèlement organisée de l’agriculture traditionnelle française au nom du profit.
Heureusement, au niveau local, nous agissons concrètement. Si nous regrettons l’abandon de certaines mesures, je pense à la suppression du dispositif « Ma Prime Vélo 76 » ou à la diminution de la subvention à destination d’ATMO Normandie, des mesures avancent et nous nous en réjouissons.
Qu’il s’agisse des aides aux petits investissements des agriculteurs, de la mise en place de la « 76 Mobile », du soutien aux structures luttant contre la précarité alimentaire, ou des aides pour la destruction des nids de frelons asiatiques… ces actions sont nombreuses, utiles, et nous devons les poursuivre.
Concernant la santé, je réitère mon appel pour la création d’un observatoire départemental santé-environnement. Notre département est l’un des plus touchés par le cancer et par les maladies respiratoires. Les facteurs sont multiples : sédentarité, alimentation, précarité ou exposition aux pollutions. C’est un enjeu majeur, l’industrie pétrochimique étant particulièrement implantée sur l’Axe Seine.
Cet observatoire permettrait :
- De fédérer un réseau d’acteurs sur le territoire ;
- De suivre et comprendre l’état de santé de la population ;
- De produire des données objectives sur le lien entre qualité de l’air et santé, en associant des partenaires comme ATMO Normandie, HAROPA, nos universités et les groupes hospitaliers.
Cet outil permettrait également d’avancer dans la lutte contre les PFAS, ces « polluants éternels » qui n’épargnent personne. Nous n’en sommes qu’au début des découvertes : les identifier et comprendre leur impact est un défi sanitaire majeur.
Par ailleurs, pour mieux structurer nos politiques de développement durable, il est primordial de les phaser dans le temps avec des objectifs clairs et scientifiques. Je propose de mettre en corrélation nos actions avec les travaux du GIEC normand, en s’appuyant sur leurs scénarios aux horizons 2050 et 2100, afin d’adapter dès aujourd’hui notre territoire aux conséquences du dérèglement climatique.
Enfin, je conclurai sur une bonne nouvelle : la préservation de centaines d’hectares de terres agricoles et naturelles grâce à l’abandon imminent du projet écologiquement et socialement absurde de contournement Est autoroutier payant de de Rouen. Un projet d’un autre temps qui, à lui seul, aurait anéanti nos efforts en matière de développement durable.
C’est la preuve que la science et les mobilisations citoyennes et politiques permettent de nous faire avancer vers une société plus durable. »
Pour télécharger l’intervention d’Alban BRUNEAU : Rapport développement durable 2025 – AB