Adoption de la stratégie « Littoral 76 » avec la contribution des élus de la Gauche combative

Adoption de la stratégie « Littoral 76 » avec la contribution des élus de la Gauche combative

Le Conseil départemental du 12 février s’est arrêté sur la stratégie « Littoral » proposée par le Syndicat Mixte du Littoral de Seine-Maritime créé en décembre 2019 pour répondre à la compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) confiée aux intercommunalités. Depuis 2022, avec l’ensemble des acteurs du littoral du Havre au Tréport, il travaille sur une stratégie s’inscrivant dans une trajectoire à 5 ans, à moyen terme (2050), et à long terme (2100). Elle est composée de 4 orientations :

  • Pour les hauts de falaises et valleuses étroites : recomposer de manière anticipée et progressive au fur et à mesure du recul du trait de côte, en préservant si possible des accès à la mer et en redonnant de la place aux milieux naturels.
  • Pour les valleuses larges (ex : Etretat, Veulettes-sur-Mer bourg…) : conserver ou adapter des valleuses capables d’absorber un ruissellement important et/ou des tempêtes majeures sans dommage conséquent.
  • Pour les basses vallées urbanisées/portuaires (ex : Dieppe, Fécamp…) : conserver des centres urbains historiques et espaces portuaires protégés et résilients et/ou recomposer les zones les plus exposées avec des secteurs arrière-littoraux qui accueillent de nouveaux usages.
  • Pour les basses vallées préservées (ex : Yères, Scie, Dun), recomposition du territoire avec une connexion terre mer optimisée, des usages et une qualité de vie préservés, et des milieux estuariens retrouvés.

A partir de quoi un plan de 25 actions est proposé.

Laurent Jacques a présenté la contribution du groupe de la Gauche combative, communiste et républicain.« Il nous est aujourd’hui proposé d’adopter le principe des orientations et du plan d’actions de la stratégie du littoral seinomarin face à l’inéluctable montée des eaux et au recul du trait de côte.

Je n’irai pas par quatre chemins : il faudrait être stupide comme un 45e ou 47e Président des États-Unis (ne cherchez pas, c’est le même) pour nier les bouleversements, pour ne pas dire les chamboulements, climatiques qui nous attendent. Aussi, notre groupe approuvera ce point.

Dans ce domaine, il grand temps de passer à la vitesse supérieure. Alors qu’il y a dix ans seulement, le changement climatique n’en était qu’au stade des prévisions réalisées par les experts, aujourd’hui, nous en sentons déjà concrètement les effets : Tempêtes même au printemps, tornade comme récemment en Gironde, inondations comme en Bretagne la semaine dernière, et nous n’en sommes qu’au début.

Il y a plus de vingt ans de cela, nous avions accueilli au Tréport le professeur Stéphane Costa, de l’université de Caen, qui nous avait renseigné sur le recul du trait de côte. Ce professeur travaille d’ailleurs actuellement avec le syndicat sur certaines missions. Je me souviens qu’il expliquait alors à un auditoire incrédule que, je cite de mémoire, « les falaises ont toutes pour vocation de reculer. Il est vain de lutter. Mieux vaut consacrer les moyens et l’énergie à l’adaptation et au recul des biens et des personnes. Il ne faut pas tarder ».

Administrés comme élus étaient dubitatifs, voire récalcitrants, mais force est de constater aujourd’hui que ce spécialiste avait raison. Les ouvrages peuvent être pertinents, c’est d’ailleurs le cas de celui que nous avons mis en place depuis 2007 sur la plage Est du Tréport, dans le cadre d’un dispositif coordonné avec la ville voisine de Mers-les-Bains, mais ils peuvent aussi être inutiles. Il arrive même qu’ils aient des effets délétères.

Une étude minutieuse ainsi que la sensibilisation et l’information des populations sont nécessaires et nous ne pourrons pas faire l’économie d’actions ciblées avec une bonne connaissance du terrain.

Il convient aussi de rappeler que ces phénomènes ne concernent pas seulement les habitants de nos côtes. Notre littoral seinomarin est riche de nombreuses activités, je pense ici au tourisme, mais aussi aux ports de pêche et de commerce, aux nombreuses industries notamment, à tout un plan de l’économie de manière plus générale. Il va falloir s’adapter et tirer le meilleur parti de la situation nouvelle qui sera la nôtre.

Mais pour cela, nous devrons compter sur des moyens financiers qui seront sans doute colossaux. Le plan d’action envisagé aujourd’hui ne fait pas état des dépenses et il évoque seulement les financeurs : Communes, Département, Région, État. On envisage aussi les fonds Barnier, qui sont déjà à peine suffisants pour couvrir les dépenses actuelles. Vous savez comme moi que si une politique volontariste n’est pas menée, les crédits nécessaires ne pourront pas être mobilisés.

Même si elle sera insuffisante, il existe une piste qui devrait être creusée. Aujourd’hui, la taxe GEMAPI n’est acquittée que par les collectivités côtières. Pourtant, le littoral sert à tous. Je ne pense pas seulement au moment des vacances qui voient affluer une population nombreuse, mais, là encore, à nos ports, qui accueillent des marchandises et le produit de la pêche, qui partent ensuite dans tout le pays. Il faudrait que notre Département fédère ses homologues des zones côtières du pays pour réclamer une extension de cette taxe Gémapi.

Soyons à la manœuvre sur ce dossier pour faire en sorte que les Députés mènent à bien des travaux allant dans ce sens, pour que les parlementaires du littoral prennent leurs responsabilités et se montrent convaincants vis-à-vis de leurs homologues de l’intérieur du pays.

Nous pouvons aussi explorer une autre voie : celle de la taxe sur les éoliennes en mer. Puisque l’on nous a imposé des parcs qui défigurent nos côtes et pénalisent nos artisans pêcheurs, il semblerait cohérent de mettre ces parcs à contribution, particulièrement les futurs projets. Bien que plus éloignés, ils ont vocation à payer. Une partie des subsides récupérées pourrait contribuer à contribuer à notre résilience. »

Pour télécharger l’intervention de Laurent JACQUES : Stratégie Littoral 76  – LJ

Sébastien

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