Le Vice-président André Gautier a présenté au Conseil départemental du  22 novembre, un projet de révision du SDACR (Schéma Départemental d’Analyse et de Couverture des Risques) voté en 2015.

Un schéma qui dresse l’inventaire des risques de toute nature pour la sécurité des personnes et des biens en Seine-Maritime et qui détermine les objectifs de couverture de ces risques.

Mais pour Stéphane Barré et le groupe communiste, cette procédure soulève question… donc il a questionné : « Le Schéma d’analyse et de couverture des risques, objet de cette révision, a été voté en décembre 2015. Il couvre la période 2015/2020. Et, en effet, il était prévu de le faire évoluer en fonction des besoins et des réalités. Notre question est donc la suivante : fort de cette petite révision du jour, se dirige-t-on vers une prolongation, au delà de 2020, de l’actuel SDACR ? Ou un nouveau SDACR est-il en préparation ? ».

Avant de s’expliquer sur cette première intervention : « La question n’est pas anodine car d’une part, il nous semble que les enseignements de la catastrophe Lubrizol conduiront sans doute à une prise en compte dans le futur SDACR. Je fais par exemple allusion à la nécessité de disposer sur les sites sensibles des moyens d’intervention appropriés au sein même des entreprises, en premier niveau. Ou encore des lieux de stockage de produits indispensables aux interventions, comme les émulseurs. Et d’autre part, nous sommes dans l’attente de connaître l’évaluation concrète des mesures portées à travers ce présent SDACR au niveau de la répartition territoriale des unités du SDIS »

Rappelant ainsi que « ces unités territoriales ont été réduites, ces réductions se poursuivant avec cette révision du jour. Nous y sommes opposés, ce qui s’est traduit à l’époque par un vote contre émis par notre groupe. On nous a expliqué alors qu’en fermant des casernes et en regroupant des gardes, les temps d’intervention seraient améliorés. Il nous semble plutôt que la proximité demeure la meilleure réponse pour réduire les temps d’intervention, à condition bien entendu de veiller aux moyens humains et matériels. Nous attendons par conséquent la démonstration que ces réductions territoriales ont bel et bien améliorées la couverture des risques. Et dans cette attente, nous maintenons notre opposition à cette orientation ».

Avant d’enfoncer le clou : « D’autant qu’une nouvelle fois, cette révision s’inscrit, je cite : dans une logique d’accès équitable aux secours, à coût maîtrisé… Que vient faire cette notion de coût maîtrisé s’agissant de porter secours et de sauver des vies ? Nous souhaiterions que vous définissiez cette notion de « coût maitrisé », que sous-entend-telle ? »

Puis Stéphane Barré a conclu sur la situation sociale : « Enfin, pour revenir sur les revendications portées par les sapeur-pompiers, nous voudrions que nous soit communiquée l’évolution des effectifs du SDIS depuis 10 ans en Seine-Maritime, puisque notre groupe n’a pu disposer de représentant au sein de cette institution ».

Pour le groupe socialiste, Guillaume Coutey a été dans le même sens en affirmant : « Ce n’est en rien un schéma qui va dans une amélioration de la couverture des risques ».

En réponse, André Gautier a souhaité tout d’abord rappeler que nous sommes désormais en présence d’un «  SDACR évolutif chaque année », ne pouvant donc pas préciser dès maintenant « si en 2021 nous aurons ou pas un nouveau SDACR ». Reprenant ensuite l’exemple donné par Stéphane Barré, il a affirmé « qu’il y a nécessité de mutualiser, et pas seulement pour l’émulseur, il doit y avoir un système de mutualisation de matériel spécifique ». Quant « au regroupement des centres, ce n’est pas une religion pour les SDIS, c’est une question d’opportunité en fonction des besoins opérationnels. Ils permettent de répondre à des temps d’intervention raccourci. Je suis d’accord avec vous sur le souci de proximité. On maintient d’ailleurs un maillage très dense en Seine-Maritime ».

Stéphane Barré, pas convaincu, est ré-intervenu : « Cela doit être évalué. Vous avez fait une réforme, vous arrivez à une nouvelle orga et vous dégager un bilan. Je veux bien vous faire confiance, quoique vous nous parlez d’opportunité financière, mais nous avons besoin d’une évaluation sur les regroupements opérés. C’est ce que l’on souhaite : des données objectives quitte à reconnaitre le cas échéant que l’on avait tort en s’y opposant car moi non plus je n’ai pas de religion ».

Même longueur d’onde dans les rangs socialistes comme l’a affirmé Guillaume Coutey : « L’urgence n’était pas la reconstruction en une seule des casernes de Montville et de Malaunay, l’urgence est de couvrir le secteur Rouen Nord. Et pas de se précipiter dans un regroupement sous prétexte d’une opportunité foncière. Il faut un travail et un portage collectif d’un futur SDACR, pas seulement se contenter des révisions annuelles qui de fait modifient le SDACR existant. Il manque des études d’impact ».

La conclusion est revenue à André Gautier : « C’est difficile de faire un bilan des regroupements en raison de l’évolution forte des interventions annuelles sur notre département. Mais ce qui est sur c’est que les temps d’intervention sont réduits là où il y a eu regroupement. Je reconnais qu’il y a un sujet sur le SDACR de la Métropole mais nous avons connu les pires difficultés à travailler avec la Métropole. Gageons qu’avec la nouvelle gouvernance de la Métropole cela va s’améliorer ».

Le groupe communiste et deux élus socialistes ont voté contre. Les autres élus socialistes se sont abstenus. L’ensemble des autres groupes a voté cette délibération.

Pour télécharger l’intervention complète de Stéphane BarréRévision SDACR nov 2019