Pour le troisième débat de politique départementale en ouverture du Conseil du 5 octobre, le groupe majoritaire des droites s’est penché sur le « Plan Santé » divulgué la semaine dernière par le gouvernement.

Marine Caron, pour la majorité, a déroulé bien des statistiques dans son intervention, pour chercher à mettre en évidence un paradoxe entre le niveau des dépenses publiques consacrées à la santé d’une part et les difficultés qui persistent de l’autre, avant de détailler l’état des lieux de ces difficultés. Puis elle a valorisé les principaux axes du Plan santé annoncé par le gouvernement.

Une bien belle occasion, pour Séverine Botte, qui a alors tenu à préciser que « sur ce sujet majeur, comme sur tant d’autres, il ne faut pas seulement poser un diagnostic, mais bien de rechercher les causes qui ont conduit à devoir traiter aujourd’hui les maux diagnostiqués », avant d’interroger : « Comment a-t-on pu, en moins de 20 ans, en arriver là, dans l’un des pays les plus riches du monde, un pays qui disposait d’un système de santé reconnu mondialement comme l’un des plus performants et protecteurs ? ».

En cause pour Séverine Botte, « les orientations, les choix, la philosophie même du libéralisme économique appliqué par les gouvernements successifs, à l’origine de tout ce gâchis conduisant aujourd’hui ici à devoir s’impliquer pour sauver et relancer notre système de santé. Notamment à l’hôpital ».

Dénonçant « ceux qui ont cru pouvoir gérer un hôpital comme en entreprise privée, et réduit, détourné de son essence même la Sécurité Sociale, cette idée si moderne 70 ans après sa création, celle d’assurer à tous une couverture complète en fonction de ses besoins, par une solidarité contributive s’exerçant en fonction de ses moyens », elle a admis que « oui, aujourd’hui il faut ramer, il nous faut tous ramer, pour restaurer notre système de santé ».

Pour cela, le groupe communiste du Front de gauche préconise d’en « revenir à une présence, une prise en charge de proximité. Quel que soit son lieu de vie, chacun doit pouvoir accéder aux soins et suivis médicaux dont il a besoin », Séverine Botte soulignant « que la réponse ne soit pas que capacitaire pour reprendre le terme employé par la directrice de l’ARS, nous voulons bien l’entendre, sauf que le parcours de soin évoqué en réponse à cette crise, passe par des prises en charge qui ne se limitent pas à un ordinateur ou au domicile du patient ».

Concernant« le volontarisme affiché par le Département en faveur de l’accès aux soins », elle a estimé qu’il manquait « d’ambition, de moyens et quelquefois aussi de cohérence », illustrant son propos par « le désengagement de la collectivité de la gestion des centres de dépistage des infections sexuellement transmissibles, infections qui pourtant repartent à la hausse ».

Une décision « mal venue et difficilement compréhensible quelques semaines seulement après le débat que nous avons eu ici sur le Programme Régional de Santé qui affichait justement une volonté de renforcer les moyens dédiés à l’information et au dépistage des IST ».

L’ambition départementale passe, pour Séverine Botte, « par des initiatives nouvelles, en soutenant par exemple le développement du dispositif Sport sur Ordonnanceque certaines de nos communes lancent actuellement. En reprenant des dispositifs qui ont fait leur preuve dans d’autres départements, comme les bourses d’études pour les étudiants en médecine en contrepartie d’un engagement d’installation. Je ne développe pas, nous vous avons adressé une question orale à ce sujet monsieur le Président ».

Ou encore, « en s’impliquant sur un secteur qui nous préoccupe au plus haut point, et qui n’a pas l’air d’affoler plus que cela l’ARS, je veux parler de la pédopsychiatrie. Sur plusieurs de nos bassins de vie, un enfant détecté nécessitant une prise en charge doit attendre de 8 mois à 12 mois avant de disposer d’un suivi. Un an, autant dire toute une éternité pour un gamin qui tente de se construire ou qui se trouve exposé à l’échec scolaire, à des problématiques familiales lourdes et j’en passe ».

En conclusion, elle a invité ses collègues de la majorité, « à plus d’ambition et à plus de cohérence, sans pour autant nier les actions déployées, pour que notre collectivité prenne plus que sa part dans la restauration de notre système de santé. Pour permettre à chacun de nos concitoyens de disposer d’une réelle prise en charge médicale, réactive et efficace ».

Pour le groupe des indépendants, Dominique Métot réagissant aux propos de Marine Caron, a estimé que « nous ne sommes pas à la hauteur dans notre département au regard de l’urgence que nous vivons ». Considérant que « le gouvernement ne semble pas avoir pris conscience de cette urgence », il a soutenu que « dans les zones défavorisées, on doit obliger les médecins formés à s’y installer. Ce ne sont pas des secrétaires médicales qui vont soigner, ni des opticiens qui se transformeront en ophtalmos ». Il a aussi rappelé que « des maisons de santé ont été créées par les communes et le département, comme le préconise l’Etat, or aujourd’hui certaines sont vides ! ».

Caroline Dutartre, pour le groupe socialiste, a chargé contre l’inaction du Département en matière de santé, avant de questionner : « Que fait le département pour les seinomarins les plus exposés ? Médecins du monde dénonce une catastrophe sanitaire auprès des plus fragiles ! ». Elle a ensuite repris les considérations développées par Séverine Botte sur l’avenir des centres d’information et de dépistage, avant de sortir « un carton rouge pour le Département ».

La vice-présidente Nathalie Lecordier, concernant la gestion de ces centres, a estimé que « ce qui appartient à l’Etat revient à l’Etat », laissant à penser que le Département est simplement venu dépanner les services de l’Etat dans la gestion de ces centres.

Sa collègue Marine Caron enfonçant le clou : « L’endettement du Département conduit à faire de tels choix ».

Pour télécharger l’intervention de Séverine Botte : DPD Plan santé – Interv SBO