Pour le troisième débat introductif du Conseil départemental du 21 juin, le groupe des indépendants a souhaité intervenir sur la mobilité ferroviaire pour dénoncer des déplacements à deux vitesses.

Dominique Métot a débuté son propos avec ironie pour « inviter le Président et tous les élus qui ne sont plus dans aucun parti à rejoindre notre groupe des élus indépendants ». Puis, revenant au sujet il a dénoncé le fait que « conformément au rapport Spinetta, plusieurs gares et lignes ferroviaires sont dans le viseur en Seine-Maritime, jugées pas assez rentables ou fréquentées ».

Avant de révéler qu’à l’occasion d’une réunion récente avec le Vice-Président de la Région en charge des transports, « celui-ci nous a présenté, enfin plutôt informé, de ses orientations concernant la ligne Paris/Le Havre : moins de trains en arrêt sur Yvetot, sur Bréauté, fermetures de plusieurs gares, bref une réduction importante de la desserte ferroviaire ».

Puis, il a alerté sur les conséquences de ces projets car « la moitié des habitants de Seine-Maritime n’habite ni en région havraise ni dans la métropole rouennaise ». Il a interrogé le Président du Conseil départemental pour savoir si son homologue de la Région lui avait fait part de ses projets, lui suggérant de l’inviter « à venir présenter ici devant notre assemblée son projet global pour le ferroviaire en Seine-Maritime ».

Denis Merville, pour la majorité, a relayé ces craintes face aux dégradations d’accès à la ligne Le Havre/Paris qui souffre déjà du « peu d’investissements fait par la SNCF ». Il est intervenu auprès de la Région pour lui rappeler l’importance des arrêts sur Bréauté et Yvetot ainsi que des gares d’Etainhus et de Saint-Laurent.

Sa collègue Charlotte Masset se demandant pour sa part si les usagers ont été interrogés par la Région, elle a mis en garde « contre les projets de réduction des arrêts dans plusieurs gares ».

Sophie Hervé pour le groupe communiste, a rappelé à chacun que si elle comprenait les inquiétudes exprimées, il ne faudrait pas oublier que la logique appliquée ici répond « à la volonté politique du gouvernement de casser le service public et de vendre le ferroviaire. Tout avait commencé avec les cars Macron ». Et pour ceux qui déplorent ces projets de suppressions d’arrêts et de fermetures de gares, tout en soutenant la réforme ferroviaire du gouvernement, elle a tenu à préciser que « l’on ne peut pas parler rentabilité et défendre un service public, c’est incompatible ».

Affirmant que pour les élus communistes « ils n’existent pas de petites lignes ou de petites gares, mais que des grandes lignes et des grandes gares », elle a regretté que la Région se soit « si rapidement engouffrée dans cette réduction attendue de l’offre ferroviaire ».

Enfin, elle a invité tous ses collègues à rejoindre le mouvement « SOS Gares », tout en concluant non sans ironie : « Ca commence ! La loi est à peine votée que ses effets indésirables pour les gens commencent… heureusement pour le gouvernement que tous nos collègues ici ne sont pas parlementaires sinon sa réforme ferroviaire n’aurait jamais été adoptée… ».

Grand absent du débat, le groupe socialiste a été appelé par Dominique Métot à s’exprimer également. Nicolas Rouly a alors fait part de sa position « sans ambiguïté » pour défendre l’offre ferroviaire, rappelant au passage le rôle joué par le Député Christophe Bouillon à l’Assemblée contre la réforme du gouvernement.

Quant au Président Martin, il relayera l’invitation au Président de Région de venir devant le Conseil départemental parler de ses projets, tout en indiquant qu’il ne pouvait s’agir que d’une invitation…