Il y a quelques jours le 4e contrat de présence postale a été signé pour la période 2017-2019, entre l’association des maires de France, la direction du groupe La Poste et l’Etat.

La signature de celui-ci s’accompagne d’une dotation de l’Etat augmentée à hauteur de 174 Millions d’euros, sans compter les nombreuses contributions, sous diverses formes, apportées par les collectivités locales pour maintenir sur nos territoires urbains et ruraux un service public postal de qualité et de proximité par des professionnels dont c’est le métier.

Cela fait beaucoup d’argent public, en complément du CICE perçu par le groupe, pour confirmer l’attachement des pouvoirs publics et des citoyens à ce service public essentiel et à ses acteurs : factrices et facteurs, agents postaux des différents services proposés par La Poste.

En contrepartie, être en phase avec les habitants, citoyens et usagers, que la direction de La Poste semble un peu trop facilement résumer à des clients mobiles, demeure donc la moindre des choses pour guider l’application de ce contrat.

Sauf que… les premières mesures prises par la direction de la Poste en Seine-Maritime visent à fermer massivement des bureaux de poste au profit de Relais Postaux chez des commerçants. En résumé : de l’argent public versé pour privatiser une partie du réseau postal de proximité ! Inacceptable.

Le Havre République, Le Havre Port, Maromme La Maine, Rouen Mont Riboudet, Dieppe Janval, Dieppe Le Pollet, St Laurent en Caux et Incheville pour ce qui a été annoncé et pour certains déjà effectués.

Le Havre Brindeau, Le Havre Montmorency, Le Havre Mare Rouge, Rouen Hôtel de Ville, Rouen Champsmeslée, Rouen Grammont, Rouen Grieu, Longueville sur Scie, Ry et Saint-Etienne Carnot pour ce qui semblerait être également envisagé.

Au Havre et à Dieppe la mobilisation des usagers et, pour cette seconde ville les élus municipaux, contre ces fermetures est engagée.

A Saint-Etienne-du-Rouvray déjà fortement touché par des absences récurrentes dans les tournées de distribution de courrier, le Conseil municipal s’inquiète pour les deux bureaux de la commune et a adopté une motion dans ce sens. A Saint-Léger-du-Bourg-Denis dans le canton de Darnétal, le Maire est aux prises avec une négociation de marchands de tapis imposée par la direction de La Poste qui veut diminuer de moitié l’amplitude d’ouverture du bureau de poste. Cela fait beaucoup, beaucoup trop !

Et encore, comme la direction de la Poste refuse de communiquer sur l’ensemble de son projet de mutation-privatisation qu’elle préfère nommer « mutualisation », il est à craindre que cette liste ne soit pas exhaustive.

Sophie Hervé a par conséquent, au nom des élus communistes et républicains, profité de la réunion de la Commission Départementale de Présence Postale Territoriale au sein de laquelle elle siège pour le Département, le 2 mars dernier en Préfecture, pour réagir et appeler l’ensemble des élus à s’opposer à toute fermeture de bureau durant la période du contrat postal.

Des contraintes horaires justifiées pour mettre un terme aux travaux de la commission alors même que l’ordre du jour particulièrement dense n’avait pu être abordé sur le fond, comme le refus du Directeur départemental de la Poste à engager le débat ou à fournir l’ensemble du programme envisagé, n’ont pas permis à Sophie Hervé d’aller aux termes de ses propositions, questions et interventions.

Qu’à cela ne tienne, la Conseillère départementale communiste a décidé d’écrire une lettre ouverte à la Préfète, au Président de la Commission, au Président de l’association départementale des maires de France et au Directeur départemental de La Poste pour demander la tenue d’une nouvelle commission dans les plus brefs délais.

Elle demande également que d’ici là, tous les financements publics en direction du groupe La Poste puisse être gelés.

Extraits :

« A travers ce Contrat de présence postale territoriale, la dotation d’argent public ou les travaux de notre commission, je ne pense pas qu’il s’agisse pour nous de valider implicitement ou de financer un plan social basé sur une réduction drastique des bureaux de poste.

D’autant que le groupe La Poste n’est pas en danger, il se porte d’ailleurs plutôt bien si j’en juge par ses résultats économiques, y compris sur ceux de la branche courrier un peu trop facilement utilisée comme alibi pour justifier une réduction du réseau des bureaux de poste.

Ce qu’attendent nos concitoyens, et les élus siégeant dans cette commission les représentent, c’est un service postal de qualité, de proximité, servi par des agents dont c’est le métier. Pas une dénaturation du réseau postal par la fermeture massive de bureaux de poste au profit de relais privés chez des commerçants. La Poste appelle cela une mutualisation, c’est de fait une privatisation dont il s’agit. Une privatisation pour laquelle le groupe attend un financement d’argent public.

Je souhaiterais par conséquent que notre commission puisse de nouveau être réunie dans les plus brefs délais pour poursuivre ses travaux et que, d’ici là, tout financement public lié au Contrat de présence postale territorial puisse être gelé.

Je pense en effet que le nombre de fermetures de bureaux de poste annoncées ou envisagées par la direction départementale du groupe La Poste en Seine-Maritime n’est pas compatible avec les missions de service public assignées à ce groupe

Missions de services publics qui motivent l’agent public engagé et dont notre commission se doit d’exercer son devoir de contrôle.

 En tout cas, si j’en juge aux très nombreuses mobilisations des usagers et des élus en réaction aux diverses annonces de fermeture de bureaux de poste, je pense que nos concitoyens n’admettront pas que de l’argent public vienne financer des fermetures de bureaux de poste. »

Télécharger le courrier de Sophie Hervé : 2017 03 08 – Courrier post Commission postale