L’appel à projet « Seine en Fête » lancé par les départements au service de l’image et de l’attractivité de l’axe Seine et présenté lors du Conseil départemental du 29 mars, a permis à Jean-Paul Lecoq de revenir sur la réalité industrielle et portuaire de ce territoire : « Ce qui nous gêne c’est que cette initiative, tout comme d’ailleurs l’appel à projets Réinventons la Seine, ne s’inscrive pas dans un dynamique plus globale de revendication et d’action pour doter l’axe Seine, et ses ports en particulier, des outils et investissements vitaux à son développement. A l’heure où le canal Seine-Nord vient d’être décidé par le gouvernement, j’ai l’impression que nous nous préoccupons plus de notre vitrine que du fonds de commerce. Or, il y a péril ».

Et de préciser : « L’axe Seine c’est certes le tourisme, un cadre de vie attractif, mais c’est surtout des ports et des industries. Des dizaines de milliers d’emplois. L’axe Seine a cette particularité de voir représenté l’ensemble des filières économiques du pays. Il faut conforter ces filières, organiser la mise en réseau dans un esprit d’économie circulaire. Des décisions d’investissements prises aujourd’hui dépend la vitalité de notre complexe industrialo-portuaire pour les 20 ans à venir ».

Puis de lancer un appel solennel : « J’aimerais que nous soyons tous unis et mobilisés, comme ont su le faire, toute tendance politique confondue nos collègues du Nord et de Picardie pour le canal Seine-Nord. Depuis des mois, avec les autres élus communistes comme Thierry Foucaud encore récemment, nous ne cessons d’interpeller le gouvernement sur le péril que fait peser sur le complexe industriel et portuaire normand l’absence de stratégie maritime et industrielle de l’Etat, tout comme sa décision, sur demande de l’Union Européenne, de construire le canal Seine-Nord au service des ports concurrents de l’Europe du Nord. L’Etat se doit par conséquent d’investir 1 milliard d’euros (soit la moitié de ce qu’il met sur la table pour le canal) sur l’axe Seine afin de garantir que le canal ne vienne pas concurrencer de manière déloyale nos ports et ses emplois. Avec les 300 millions annoncés, nous sommes loin du compte ».

Jean-Paul Lecoq est ensuite revenu sur le bilan des gouvernements successifs : « Depuis deux décennies nos ports souffrent d’un manque d’investissements. Dans son rapport annuel, la Cour des comptes vient de dresser le bilan, huit ans après son adoption, de la réforme portuaire. Si bien des aspects de ce rapport sont contestables au regard des lunettes libérales utilisées par les sages, je rejoins l’une de leurs conclusions : l’Etat stratège n’est pas au rendez-vous. Le rapport parle d’un saupoudrage d’argent public là où il faudrait un plan massif d’investissements. A la fin des années 90, le gouvernement Jospin et son ministre communiste Gayssot avait créé Port 2000, le Président Chirac n’y était pas pour rien. Il y avait une unité d’action. Depuis plus rien. 15 ans plus tard, le port du Havre attend toujours son désenclavement ferroviaire et fluvial ».

Et de conclure : « J’aimerais par conséquent que tous les élus normands mettent autant d’enthousiasme, d’énergie et de détermination pour aller chercher, ensemble, tous ensemble, les investissements et à défendre les ports et les industries, qu’ils en mettent pour faire émerger ces opérations de valorisation à portée touristique ».

Rejoignant les attentes de Jean-Paul Lecoq, le Président Martin a rappelé que « l’association de l’axe Seine a bien comme objectif de développer l’axe Seine dans une démarche industrielle et touristique. Petit à petit, elle montera en puissance et cette première action a une portée symbolique, ce sera le seul volet touristique. Au sein du G6, nous avons adressé une longue lettre à tous les candidats à la Présidentielle pour obtenir des garanties sur les enjeux nationaux portés ici ».

Avant d’en transmettre une copie à Jean-Paul Lecoq pour qu’il la remette à Jean-Luc Mélenchon qu’il verra au Havre le lendemain.

Télécharger l’intervention de Jean-Paul Lecoq : 3.07 – Interv JPL – Seine en Fête