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En écho à l’état des lieux et au bilan de la collectivité départementale en faveur de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, présentés pour la majorité en séance le 16 novembre dernier par Nathalie Lecordier, Séverine Botte, pour le groupe communiste et républicain du Front de Gauche, a d’abord insisté sur deux volets « que le rapport ne traite pas » : la lutte contre le viol et contre la prostitution : « Cela passe par une véritable impulsion politique, par l’éducation, l’augmentation des sanctions, le recrutement de professionnels et la communication… Il faut que les campagnes de sensibilisation intègrent les collèges et lycées, que l’on augmente les délais de prescription sur ces violences, que l’on s’emploie à détecter systématiquement les situations de violence en formant des personnels… ».

Rappelant que « la prostitution n’est pas un mal nécessaire ni une vocation professionnelle, c’est d’abord l’exploitation de la misère matérielle », Séverine Botte a appelé à agir contre « les réseaux mafieux qui se constituent sur la prostitution des êtres humains. Le chiffre d’affaires de la prostitution, si on peut le dénommer ainsi, est estimé à 3,7 milliards d’euros en France.

A l’échelle nationale, seulement 2,4 millions d’euros sont consacrés pour l’aide aux prostituées soit environ 65 euros par personne. Une somme dérisoire pour aider les victimes de la prostitution à quitter ce milieu fait de violences physiques et psychologiques ».

Poursuivant sur l’IVG, elle s’est étonnée de « certains termes employés dans le rapport ou oublis », et d’illustrer : « La présentation synthétique de la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, est dans son point relatif à l’IVG, lacunaire. Il est indiqué que la loi vise à « protéger le droit des femmes à s’informer à l’IVG ». Or, si la nouvelle rédaction du code de la santé publique apporte bien des précisions sur le droit d’accès à l’information sur l’IVG, elle réaffirme également plus fortement qu’auparavant le droit d’accéder à une IVG. Ainsi l’article L 2212 – 1 du code de la Santé Publique ne fait plus état de la nécessité pour une femme enceinte d’être placée dans une situation de détresse, mais tout simplement de ne pas vouloir poursuivre sa grossesse ».

Plus inquiétant encore, le rapport indique que « la collectivité soutient les centres de planification des naissances ». Or Séverine Botte a rappelé que « ce terme est régulièrement utilisé dans le champ religieux dans une optique de dénonciation des pratiques contraceptives ainsi que du recours à l’IVG ».

Concernant l’égalité professionnelle au sein des services départementaux, Séverine Botte s’est réjouie « des chiffres supérieurs à la moyenne des départements, en termes d’écarts salariaux, de taux d’encadrement féminin, d’avancement d’échelon ou de grade, ou encore, de journées de formation. Ces chiffres positifs sont à l’honneur de notre collectivité ». Néanmoins, elle a estimé que « ce bilan doit encourager à persévérer dans le sens du mieux disant social, et à faire mieux encore sur certains points à améliorer ». Et de citer notamment : « le développement des structures d’accueil des enfants, le soutien aux congés parentaux, l’augmentation des places en crèches, les aides financières pour la garde d’enfants et pas seulement jusqu’à son 6e anniversaire comme le pratique la CAF, comme si un enfant de 7 ou 8 ans pouvait être autonome…, ou encore le développement du réseau d’assistantes maternelles… Autant d’éléments sur lesquels le Département peut agir directement ».

Concluant ainsi ses propos : « Il y a donc encore beaucoup à faire en terme d’égalité femmes / hommes ».

Le débat fut surtout marqué par une opposition, entre élus de Droite et élus PS sur la définition du « féminisme » et sur la recherche en paternité des avancées majeures constatées dans ce domaine… En revanche, aucune réponse aux propositions avancées par les élus communistes et républicains du Front de Gauche, ni aucune autre piste concrète pour faire avancer plus encore les choses…

Télécharger l’intervention complète de Séverine Botte : 4-02-interv-sb-egalite-femmes-hommes