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Délibération importante pour débuter la séance du Conseil départemental, avec la révision de la carte des moyens et de l’organisation des services d’incendie et de secours dans notre Département pour les années à venir. D’entrée, Hubert Wulfranc a remis au Président de l’assemblée les 10.000 signatures d’élus, de citoyens, d’acteurs économiques et sociaux, recueillies à l’initiative de la Municipalité du Tréport pour demander le maintien de la caserne amenée à fermer dans le nouveau schéma.

Jean-Paul Lecoq, pour le groupe communiste, Front de Gauche, est intervenu de manière particulièrement détaillée pour dénoncer les logiques libérales sous-jacentes à ce nouveau schéma. Mais il a d’abord rendu hommage au service public : « Il convient tout d’abord de saluer l’action, les savoir-faire et le dévouement dont font preuve les agents des services de secours et d’incendie qui fondent leur engagement sur le secours, l’assistance, la préservation des vies. Les attentats de Paris l’ont une nouvelle fois démontré, nos services de secours sont exemplaires, notre service public est exemplaire. Pompiers, urgentistes, personnel hospitalier ont fait honneur à la Nation et justifiés qu’il n’existe rien de plus important que de leur donner les moyens d’accomplir leur mission. A l’heure où les officines du privé, encouragées par les logiques libérales, lorgnent sur ce qui peut être capté, pour mieux les détourner, dans le catalogue de nos services publics, il est bon de le rappeler ».

Dans ces conditions, il a dénoncé le fait « qu’en adoptant moins d’un mois après les attentats la loi « santé » élaboré par la Ministre Touraine, la majorité Valls Hollande vient de valider la suppression de 22.000 postes dans le secteur hospitalier, un chiffre historique, ainsi que de nouveaux regroupements forcés d’établissements, de fermetures de services d’urgences, de lits, de maternités… L’essentiel de cette loi comporte bien une diminution drastique de l’offre de soin. En guise de reconnaissance du travail des services de santé, bonjour le cynisme et le double langage ! ».

 Puis, concernant le schéma, Jean-Paul Lecoq a estimé qu’il était bien difficile « de faire coexister des logiques de rentabilité libérale avec la logique du droit absolue au secours, quel que soit son lieu de présence sur notre département… Et c’est en cela que ce nouveau schéma nous gêne… Ce schéma ne cherche pas à améliorer toujours plus la situation, parce que cette amélioration signifie tout simplement pouvoir sauver encore plus de vies, il tempère, il comprime cet objectif par des données comptables ». Et de donner des exemples… « Après avoir rappelé à juste titre que le nouveau schéma a pour objectif de garantir aux citoyens un accès équitable aux secours en tous points du département, il se croit bon d’ajouter un oui mais… à un coût maîtrisé. Verbiage poli et subtil qui signifie en fait « si nous en avons les moyens ». Mais forcément annoncer comme objectif « de garantir aux citoyens un accès équitable aux secours en tous points du département si nous en avons les moyens », ne serait pas politiquement correct, donc on maquille, on dissimule sous des termes technos pour adoucir la compréhension des phrases. J’aimerais bien que l’on m’explique ce que veux dire « un coût maîtrisé ? » ou son contraire « un coût non maitrisé » ? Maitrisé par qui pour quoi ? Tout est relatif. Question d’objectif, question d’ambition, question de volonté, donc question politique… ».

Jean-Paul Lecoq a ensuite interpellé l’assemblée sous forme d’une mise en garde : « Je ne sais pas si tout le monde ici se rend bien compte de ce que ce genre de logique porte ainsi en terme de conséquences ? Quand on parle de secours, les conséquences ont certes un coût mais elles ne peuvent pas avoir de prix ! Qui peut ainsi croire par exemple que le fait de regrouper et donc clairement, il faut appeler un chat un chat, de diminuer le nombre d’unités territoriales ou de gardes va favoriser les délais d’intervention ? ».

Il a ensuite longuement énoncé les raisons qui imposent le maintien de la caserne du Tréport, menacée de disparition comme d’autres, Bolbec par exemple, avant de conclure : « L’agrandissement du maillage, c’est bien connu, en tricot comme en matière de territorialité, ça donne des trous et rien d’autre ! ».

Pour conclure, il a regretté le chapitre dédié aux nouveaux objectifs globaux de couverture : « Cela en dit d’ailleurs long sur la prétendue équité pourtant annoncé en préambule. En écrivant que les objectifs de couverture retenus permettront d’apporter un premier geste de secours dans un délai de 20 minutes au plus en zone rurale, de 15 minutes en zone périurbaine et de 10 minutes en zone urbaine, ce schéma porte une singulière conception de l’égalité de traitement, produit de la concentration au détriment de la proximité ».

Les élus communistes n’ont pas été entendu, ils ont voté contre cette délibération.

L’intervention complète de Jean-Paul Lecoq à télécharger : Intervention schéma secours