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La feuille de route de la Droite pour le mandat faisait l’objet d’un rapport, sans vote, lors de la séance du Conseil départemental du 15 décembre. Prise en tenaille entre ses promesses de campagne et la réalité des finances de la collectivité dans un contexte marqué par la crise économique et ses conséquences sociales, comme par la politique de l’Etat d’asphyxie des collectivités locales, il fallait savoir lire entre les lignes pour découvrir ce qui attend les seinomarins…

Au cours du débat qui a suivi Hubert Wulfranc a d’abord évoqué les grands oubliés de ce rapport : « nous sommes inquiets pour le réseau public de l’aide à domicile qui connait de graves difficultés. Or, aucun élément ne figure dans vos orientations concernant la pérennisation de ce secteur ô combien utile. Il en est de même pour les associations en charge de la prévention spécialisée ».

Au titre des annonces faites, le groupe communiste a dénoncé « la modification du calcul des subventions versées par le Département, appelée modulation, qui consiste désormais à tenir compte des ratios comptables des collectivités locales plutôt que de la richesse de leurs habitants. Les subventions départementales serviront ainsi en priorité les territoires dont les populations sont les plus favorisées à partir de critères comptables sur le modèle de la Chambre régionale des comptes ».

 Le groupe socialiste a dénoncé ces orientations comme conduisant « à l’immobilisme » avant que Dominique Métot n’intervienne pour qualifier ce projet d’ « ambitieux » avant de lui apporter son soutien point par point, notamment dans ses visées d’austérité. Le Maire de Bolbec auto-déclaré « indépendant » n’aura pas mis longtemps avant de montrer vers qui son cœur balance…

Jean-Paul Lecoq a ensuite repris la parole pour fustiger le dogme de la dette qui venait d’animer un vif échange entre la Droite qui a dédié dans le budget du Département 20 millions pour réduire l’endettement et le groupe socialiste qui défendait l’idée d’en consacrer « que » 10… « Refuser de s’endetter c’est faire peser sur les générations d’aujourd’hui qui souffrent déjà assez comme ça, le poids d’investissements publics qui auront une durée de vie de 50, 100 ou 150 ans. Au nom de quoi les générations d’aujourd’hui paieraient seules la facture pour toutes les générations à venir ».

Puis, il a insisté sur l’absence de volontarisme du Département en matière de soutien à l’emploi et à l’emploi industriel notamment : « dans votre rapport d’orientation, vous regrettez la fin de plusieurs grandes industries comme Pétroplus, mais pour éviter d’allonger la liste il faut agir ! La situation se pose notamment pour SIDEL aujourd’hui… Autre aspect, il faut aussi intervenir en qualité de donneur d’ordres, à travers les marchés publics par exemple pour favoriser les entreprises qui misent sur l’emploi local, durable, stable, face à celles qui, pour décrocher les marchés et réduire les coûts misent sur la précarité, l’intérim et les travailleurs déplacés. Vous avez affirmé ne pas vouloir être « la collectivité du superflue », je vous propose d’être au contraire la collectivité des supers fluxs : fluxs vers l’emploi et le développement ».

Enfin, Jean-Paul Lecoq a proposé que les orientations reprennent l’indispensable nécessité de promouvoir la laïcité et d’y consacrer un budget. Proposition que Denis Merville pour la majorité a accepté d’intégrer, à partir du travail engagé par l’Association des Maires de France.