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Retour du débat de politique départementale ce jour dans l’hémicycle après avoir bien failli disparaître avec l’installation de la nouvelle majorité de Droite mais que la forte mobilisation des élus Front de Gauche a permis de préserver.

Marie Le Vern, au nom du groupe socialiste, a débuté ce débat matinal sur le thème de la nouvelle Normandie en versant dans le marketing territorial à l’approche des prochaines élections régionales, défendant notamment la place de Rouen comme capitale et énumérant comme sur une plaquette touristique les atouts de la nouvelle Normandie.

Par contre, pas un mot sur le projet de Canal Seine Nord qui menace gravement en l’état le tissu industrialo-portuaire normand et les emplois qui vont avec, pas un mot sur le Transmanche, pas un mot sur les enjeux en matière de santé, en matière scolaire, peu de mots sur l’industrie et l’agriculture mais beaucoup de belles formules et de vœux.

Jean-Paul Lecoq, au cours de ce premier débat, a rappelé en quoi la nouvelle région devait être utile pour les gens dans le domaine de la santé, des transports, de l’enseignement, avant de plaider pour une intervention unanime et forte en faveur d’un vrai développement du ferroviaire.

Pour sa part, Hubert Wulfranc a profité des interventions pour déposer de nouveau la proposition du groupe de faire étudier et adopter une motion de l’assemblée départementale sur le projet de Canal Seine Nord.

Le conseiller prétendu « apolitique » de Bolbec, Dominique Métot a, au passage, proposé la diminution du nombre de lignes transmanches normandes, avec visiblement celle de Dieppe dans le collimateur, et du nombre d’aéroports normands.

La deuxième intervention du débat, celle de Virginie Lucot-Avril pour la majorité départementale, s’est portée sur la baisse « insupportable » des dotations de l’Etat, exemples précis à l’appui.

Une intervention que les élus communistes et républicains auraient pu applaudir des deux mains si toutefois le mouvement de baisse des dotations de l’Etat n’avait pas été engagé par les gouvernements de Droite avant que le gouvernement actuel ne fasse que la prolonger en l’accentuant.

Ce que Jean Paul Lecoq a relevé avec ironie : « Je ne comprends plus bien… Une intervention digne des élus communistes ici au Département alors qu’au niveau national, la Droite, en phase avec l’Europe, en veut encore plus… ».

Il en a profité pour rappeler que les élus communistes sont favorables depuis toujours à une intervention de l’Etat dans l’économie et à des politiques de planification, c’est-à-dire l’inverse de ce que préconisent les libéraux or, « vous les libéraux, que vous soyez ici à Droite ou là au sein du PS, vous voulez maintenant que l’Etat intervienne, que les collectivités aident les entreprises parce que c’est la crise… Il faudrait savoir ».

Au nom du groupe Communiste et Républicain, Front de Gauche, Hubert Wulfranc a clôturé le débat en rappelant avec gravité, le contexte économique et social en Seine-Maritime, qui comme dans le reste du pays, s’est encore dégradé un peu plus. Il a plaidé pour une intervention politique forte, volontariste, « tous les signaux étant au rouge ». Il a ensuite relayé la campagne nationale de l’Association des Maires de France, contre « le caractère insoutenable » du nouveau programme triennal de baisse des dotations jusqu’en 2017 imposé par le Gouvernement « avec la complicité d’une majorité de parlementaires ».

Fustigeant les décisions successives du gouvernement « libéral », Hubert Wulfranc a mis en garde l’assemblée départementale contre le risque de voir le Département sombrer à son tour dans une austérité effrénée pour diminuer une dette devenue pour la Droite une véritable obsession.

« Dans le prolongement de ces mauvais coups de l’Elysée Matignon, ici, en Seine Maritime, nous sommes inquiets sur les conséquences concrètes que risquerait d’entrainer un démantèlement ou un détricotage du maillage de proximité que le Département assure depuis une décennie. Partant du principe que le souci de la proximité, de la facilité d’accès à ses services constituent un impératif si l’on prétend assurer un service public efficace ».

Jean Paul Lecoq a ensuite poursuivi en développant le projet de motion relatif au projet de Canal Seine Nord qui n’a pu faire l’objet d’une motion en bonne en dû forme, le Président l’ayant refusé.

Le débat a donc finalement eu lieu sur ce projet à l’initiative des élus communistes et républicains. Pour la majorité Départementale, Alain Bazille puis Bertrand Bellanger ont repris la plupart des arguments développés dans le projet de motion, ce qui a permis à Jean Paul Lecoq de réitérer la demande d’une prise de position commune du Département sur ce sujet majeur, rappelant que sans son groupe, ce sujet n’aurait même pas été évoqué aujourd’hui. Sur les bancs socialistes, ce fut silence radio malgré les menaces fortes pesant sur le port de Rouen.

Jean Paul Lecoq a par ailleurs plaidé pour un véritable complexe portuaire normand et demandé à ce que tous les acteurs normands s’unissent pour le faire valoir auprès du gouvernement.

Finalement, le Président Martin a proposé de mandater la commission présidée par Alain Bazille de travailler sur ce sujet unique, dans des délais courts et par une large concertation. Le Groupe a accepté cette proposition sous réserve que cette étape se conclue par une expression publique du Département avant le 29 juin, date de la table ronde prévue par l’Etat.

DPG définitif