austérité

La réduction des horaires d’ouverture au public des centres des finances publiques, comme dans cet exemple celui d’Harfleur, est expliquée par la Direction Régionale, par la nécessité de tenir compte du numérique ou du développement des procédures d’instruction par téléphone… Bah voyons, on ne prendrait pas les habitants et les élus pour des imbéciles du côté de ceux qui sont chargés de maquiller l’austérité ?

En tout cas, cela a fait bondir François Guégan, Maire d’Harfleur dont le Conseil Municipal a adopté un voeu contre cette décision, tout comme son collègue Jean Paul Lecoq, Maire de Gonfreville l’Orcher et Conseiller Départemental qui vient de répondre à la direction régionale…

Madame l’Administratrice,

Par courrier daté du 4 mai, vous m’informez d’une nouvelle réduction, à compter du 1er juin 2015, des horaires d’ouverture au public du Centre des Finances publiques d’Harfleur dont dépendent les habitants et professionnels de Gonfreville-l’Orcher.

Cette décision serait prise, selon vos termes, par la nécessité de tenir compte « du développement de nouveaux modes de contact à distance, plus modernes et plus accessibles » alors que, jusqu’à preuve du contraire, l’échange direct entre un administré et une administration, demeure bien ce qu’il peut se faire de plus accessible et de plus souhaitable. Rien ne remplacera jamais le contact humain.

Derrière cette énième mesure qui dissimule mal, malgré l’habillage de modernité – notion du reste toujours très relative -, une volonté de l’Etat de réduire les moyens humains dédiés au bon fonctionnement des services publics, se cache un nouvel acte d’austérité que je condamne avec force.

Et, puisque vous m’invitez à faire connaître à mes concitoyens cette décision, je le ferai savoir ainsi. Sachez d’ores et déjà que le Conseil Municipal de la Ville de Gonfreville-l’Orcher, réuni en séance le lundi 18 mai dernier a fait part à l’unanimité de sa désapprobation lorsqu’il a appris cette décision.

A l’heure où tant de Français rechignent à payer l’impôt, soit parce qu’ils en ont plus les moyens en ces temps de crise qui s’enkyste, soit parce qu’ils estiment la fiscalité française trop injuste ou trop complexe, l’Etat choisi de réduire sa présence de proximité, son maillage des territoires qui pourtant représente non seulement un atout considérable pour accompagner nos concitoyens, mais également un devoir pour tout service public digne de ce nom.

Le développement de la dématérialisation, des plate-formes téléphoniques sont en effet de nature à prendre en compte les besoins et les demandes d’une partie de nos administrés, notamment en raison de leurs contraintes en matière de disponibilité ou de leur volonté de recourir aux voies de communication électronique.

Cependant développer ces voies au détriment d’un accueil personnalisé qui, par opposition à la modernité affichée dans le premier cas, serait désormais prétendument archaïque ou dépassé, constitue une grave erreur, lourde de conséquence. Elle contribue à isoler encore un peu plus certains publics, à les détourner des services publics ou à multiplier les sources d’erreur.

Je souhaite fortement que cette décision inacceptable soit corrigée dans les meilleurs délais. Pas seulement pour rétablir, mais bien pour étendre et adapter aux besoins des usagers, les plages horaires d’ouverture au public des services fiscaux. Je pense notamment à l’instauration de permanences sur le temps du midi ou en fin d’après-midi.

Car, c’est bien là que se cache ce que d’aucun pourrait qualifier de perfidie, avec de nouveaux horaires au public limités à une plage le matin de 09h à 12h et à une autre de 14h à 16h en semaine uniquement, vous excluez ainsi une grande partie des salariés de toute possibilité de venir auprès de vos services.

Dans ce contexte, vous n’aurez surement aucune difficulté – mais par contre je l’espère quelques scrupules ! -, à nous expliquer l’année prochaine que faute d’un nombre suffisant d’usagers qui fréquenteront ces permanences fiscales, il sera nécessaire de les réduire plus encore…

Dans cette attente et ne désespérant pas que la raison humaine finisse par l’emporter contre les logiques comptables d’austérité,

Je vous prie de croire, Madame l’Administratrice, en l’expression de mes sincères salutations.

Jean-Paul LECOQ