Réforme des Agences Régionales de Santé (ARS) et des Allocations de solidarité (ASU) : Sophie Hervé fustige « une Macronie à l’agonie »

Réforme des Agences Régionales de Santé (ARS) et des Allocations de solidarité (ASU) : Sophie Hervé fustige « une Macronie à l’agonie »

En ouverture de la séance du Conseil départemental du 9 avril, le groupe des deux élus indépendants du canton de Bolbec-Lillebonne ont choisi comme thème du débat qu’ils animaient, la réforme des Agences Régionales de Santé (ARS) actuellement envisagée par le gouvernement.

Ils ont estimé que les Départements, déjà en première ligne sur le champs de l’autonomie, du handicap, du médico-social, ne pouvaient pas subir une réforme sans moyens ni garanties dans le domaine de la santé. Une alerte reprise par les élus communistes via Sophie Hervé qui a également dénoncé la réforme visant à créer une allocation de solidarité unique (ASU)…

« A un an de sa dissolution, la Macronie à l’agonie, s’apprête à nous offrir ces derniers cadeaux empoisonnés, forcément anti-social, avec d’un côté la fusion de trois dispositifs de solidarité (ASU) qui ne visent pourtant ni les mêmes objectifs, ni les mêmes financements, ni les mêmes bénéficiaires, mais qui ont en commun de concerner les plus fragiles de nos concitoyens.

La chasse aux pauvres continue ainsi au lieu de garantir un revenu minimum universel calé sur le seuil de pauvreté, des augmentations de salaire pour enfin vivre correctement de son travail, et la fin d’exonérations de charges qui sont en train de dénaturer la Sécurité Sociale.

On peut aussi ajouter à la liste de ces revendications une compensation intégrale auprès des départements du coût des allocations nationales de solidarité.

Et de l’autre une nouvelle loi de décentralisation qui peut légitimement inquiéter au regard du mépris et des mauvais coups infligés depuis 2017 aux collectivités territoriales. Même si cela avait déjà commencé avant.

Cette loi préfigure notamment la transformation des Agences Régionales de Santé (ARS) en directions région ales et en directions départementales de la santé et de l’autonomie.

Avec bien sûr à la clé, un nouveau transfert de compétences sans les moyens qui vont avec.

Deux réformes pour que la Macronie termine ses basses œuvres qui, en deux quinquennats et sous l’impulsion des premiers successifs depuis Edouard Philippe auront réussi à augmenter à un niveau record : la pauvreté, la précarité, le mal-logement, les injustices sociales et fiscales, les inégalités territoriales, les difficultés et perte d’autonomie des collectivités territoriales, les déficits dans l’offre de soin et le nombre d’usagers sans médecin.

Liste non exhaustive de tous ces fléaux qui sont à l’origine de fractures profondes dans le pays, de tensions permanentes et qui ont fait le lit de l’extrême droite désormais en marche… vers le pouvoir suprême.

Parce que pendant toutes ces années, toutes leurs politiques ont été dirigées prioritairement vers les plus riches, le haut patronat, les rentiers. Les seuls véritables assistés du système qui détournent plus de 270 Milliards chaque année des caisses de l’Etat, de la Sécurité Sociale, de nos services publics.

Évidemment que les ARS sont critiquables et critiquées au regard des besoins non couverts ou mal couverts dans l’offre de soin, le médico-social, la perte d’autonomie.

Mais d’abord parce qu’elles doivent gérer la pénurie, les conséquences de deux décennies de politiques libérales appliquées à la santé, avec comme cap l’austérité et des parts de marché accrues pour le secteur privé et ses actionnaires.

Evidemment qu’elles répondent insuffisamment aux besoins, parce qu’elles ne disposent pas des budgets nécessaires pour à la fois rattraper le retard, compenser les mauvaises orientations gouvernementales d’hier et d’aujourd’hui, et s’adapter aux enjeux nouveaux et à venir.

Enjeux et besoins supplémentaires liés à l’allongement de l’espérance de vie, aux conséquences du recul de l’âge de départ en retraire, et donc ce l’allongement excessive de la durée de vie professionnelle, ou encore de l’évolution du nombre de bénéficiaires des MDPH ou des dispositifs d’accompagnement, de soin et d’hébergement dans le domaine de la perte d’autonomie.

Et évidement que depuis leur création il y a une quinzaine d’année, nous dénonçons le fait que le cadre qui a été assigné aux ARS ne soit pas la couverture des besoins en matière de soin, mais la maitrise des dépenses publiques, donc de l’austérité dans un domaine où elle n’a rien à y faire. Parce que quand on parle santé ou soin, l’application de l’austérité tue.

Mais au moins, les ARS constituent des outils concrets pour piloter l’offre de soin en lien avec les différents partenaires territoriaux. Elles permettent de définir, d’expérimenter des réponses, de planifier des politiques, des investissements. De répondre aux problématiques spécifiques qui se posent à chaque territoire.

Alors en effet, au regard du bilan des ARS, une réforme s’impose mais pas uniquement de cet outil, mais bien une réforme complète des politiques publiques de santé et d’accompagnement du vieillissement, du grand-âge en particulier.

Oui une réforme s’impose, mais pour redonner à la Sécurité Sociale toute ses prérogatives et ses moyens.

Pas simplement une réforme de structure pour mieux détourner les responsabilités et anesthésier les réponses pourtant urgentes à la crise dans laquelle est plongé depuis 20 ans notre système de santé.

Et, en effet, cette réforme telle qu’envisagée, se sera à coup sûr des conséquences directes sur départements et sur nos budgets qui n’ont vraiment pas besoin de ça !

Car à l’exception des grandes lois de décentralisation du début des années 80, la décentralisation pratiquée par les présidents et gouvernements qui s’en sont emparés ont conduit directement à un affaiblissement des collectivités locales, à un éloignement des centres de décisions, et à des économies à bon compte réalisées par l’État sur le dos des usagers, de leurs communes et bien sur des départements. »

Pour télécharger l’intervention de Sophie HERVE : Réforme ARS et ASU  – SH

Sébastien

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