Le Conseil départemental du 18 juin prenait connaissance du bilan du bus départemental qui va à la rencontre des usagers dans les communes les plus éloignées des services publics.
Pour les élus communistes du groupe de la Gauche combative, il y a nécessité de poursuivre ce dispositif mobile en l’amplifiant alors que la droite le verrait bien être transformé en bus « France-Services » pour le détourner de sa vocation et de son aire de passage, au profit d’un financement d’Etat. Sophie Hervé a développé les arguments.
« Monsieur le Président, chers collègues,
Il y a 3 ans, dès l’origine de ce dispositif nouveau pour aller en bus vers les usagers les plus éloignés de nos services départementaux, nous avions dit « allons-y ! ».
Mais nous avions alors souligné combien il était important de veiller à sa bonne visibilité par une communication adaptée, histoire de ne pas attendre le bus pour rien ou de le voir repartir après l’avoir à peine aperçu…
Une communication qui devait s’appuyer notamment sur les mairies, les lieux de vie, les écoles, les associations… et pas simplement en recourant au numérique.
Tous ici, avions d’ailleurs été dans ce sens. Nous sommes par conséquent surpris de lire dans ce rapport que deux et an demi après ses premiers kilomètres, il est nécessaire de renforcer la communication.
Ceci étant et malgré les réserves lues dans le bilan, l’utilité du bus départemental est selon démontrée avec 1.000 usagers accueillis sur 132 communes en Vallée de la Bresle, de l’Yères et le Pays de Bray.
Le rapport nous apprend que 80 à 90% des usagers qui montent dans le bus sont inconnus des services sociaux et que seuls 10% vont ensuite dans un CMS. Ou encore qu’une demande sur trois relèvent en fait des offres de service des Maisons France Service et non des services départementaux.
Nous retenons pour notre part que, grâce à ce bus et à son équipe, 10% d’usagers nouveaux sont désormais en contact avec les CMS et que deux tiers des demandes traitées dans ce bus ne relèvent pas du bouquet France-Services…
Ces données justifieraient selon vous qu’il faille labelliser le bus France-Services et le détourner vers des territoires actuellement en zone blanche France-Services.
Nous avons pour notre part une lecture différente. Les données avancées confirment à nos yeux la pleine utilité du bus dans sa vocation de trait d’union entre les usagers et nos CMS, dans les communes les plus éloignées des CMS, comme la vallée de la Bresle et de l’Yères. Nous pensons qu’il doit y demeurer.
Voici un bon outil pour lutter contre le non-recours aux droits et l’éloignement des services publics.
Et en effet il convient de renforcer l’information, sans doute le nombre de passage par commune quitte à affréter un second bus. Je sais que vous étiez ouvert à cette proposition.
Et d’affecter des moyens supplémentaires comme c’est proposé ici pour 3 postes équivalent temps plein (ETP) avec 4 agents.
En tout état de cause, si comme nous le pensons tous ici, cette expérimentation a confirmé l’utilité du bus, il s’agit de l’étendre, de le renforcer et non pas de le resserrer comme c’est préconisé en diminuant le nombre de communes couvertes par le bus.
Quant à France-Services sur les territoires qui en sont dépourvus, nous estimons être sur une autre problématique qui n’est pas liée à l’objet initial de cette expérimentation : des services départementaux qui vont à la rencontre des habitants dans les communes les plus éloignées des CMS.
Les secteurs de Forges, Gournay et Buchy, étant identifiés comme zones blanches France-Services, il convient, mais encore une fois selon nous c’est un autre objet, de travailler avec l’Etat, les Maires, les partenaires à l’implantation d’une antenne proposant le bouquet France-Services.
Bouquet qui je le rappelle est composé des Allocations familiales, de l’Assurance retraite, de l’Assurance Maladie, du Chèque énergie, des Finances publiques, de France Titres, de France Travail, de France Rénov’, de La Poste, de l’Urssaf, de la MSA, et d’un point-justice.
Et cela ne passe pas nécessairement par un bus.
Sauf à vouloir regrouper dans un même lieu les services départementaux et ces différents points d’accès. Et encore, dans ce cas, autant labelliser les CMS : « France-Services » !
Dans mon canton, le bouquet France-Services est géré par et dans les locaux du Centre Social en cohabitation avec ses propres services et activités.
Enfin, il nous semble important de bien insister sur l’importance du maillage des CMS dotés d’équipes aux effectifs en nombre suffisants pour être sur le terrain au plus près des usagers, et en effet d’aller vers eux également.
Or cela n’est pas possible quand les postes diminuent ou ne sont pas pourvus ou pas remplacés. C’est une réalité malheureusement dans de nombreux CMS.
Le bus c’est un complément utile pas un outil de substitution ni un moyen pour masquer des carences.
Nous fixerons notre vote sur cette délibération à la lumière de nos échanges et de vos précisions et réponses ».
Pour télécharger l’intervention de Sophie HERVE : Bus des services départementaux – SH