La Vice-présidente Charlotte Masset a proposé la modification de la convention liant le Département au Service Départemental d’Incendie et de Secours, afin notamment d’intégrer le financement du remplacement des matériels endommagés lors de la catastrophe Lubrizol. Mais également l’acquisition d’un camion de commandement. Elle a tenu d’emblée à préciser que « Lubrizol s’est engagé à contribuer à dédommager les pertes en matériel du SDIS ».

Une délibération bien entendu soutenue par les élus communistes, qui ont toutefois demandé, sans l’obtenir, de connaître le montant de cette indemnisation.

L’occasion aussi pour Stéphane Barré de s’arrêter de nouveau sur cette catastrophe et ses enseignements : « Des pertes en matériel qui en disent longs au passage sur l’étendue de ce sinistre, et qui nous permettent une nouvelle fois de mesurer ce que nous devons tous aux femmes et aux hommes qui sont intervenus sur site. Sans la formation, l’entrainement, l’équipement, le savoir faire et leur engagement sans faille, cette catastrophe aurait pu se doubler de drames humains. C’est dire combien nos services publics sont précieux. C’est dire aussi que lorsque nous lisons, s’agissant des services de secours ou ceux de la santé, que la contribution des collectivités, ou de l’Etat s’agissant des hôpitaux, est encadrée par un objectif de maîtrise des coûts, nous bondissons ».

Et d’alerter : « Le regard que nous devons porter sur la sécurité comme sur la santé, ne s’apprécie pas avec les œillères des coûts à maitriser, c’est dangereux. Ce sont ici des services fondamentaux sur lesquels repose toute l’action publique, et sa crédibilité.  Les moyens à mobiliser doivent être fonction des besoins à couvrir. Point. Par conséquent, à l’heure où tout le monde loue, à juste titre, les mérites de nos sapeurs-pompiers, il serait bon que tout le monde s’y mette pour que ces derniers bénéficient enfin de la reconnaissance qu’ils méritent à travers la juste satisfaction de leurs revendications ».

Chiffres nationaux

 

 2017

4.651.500 interventions

+ 1.000.000 depuis 2012

Chiffres nationaux

 

2017 :

194.965 pompiers volontaires et 40.537 professionnels

2012 :

197.986 pompiers volontaires et 40.343 professionnels

 =

Des effectifs stables

malgré la forte progression des interventions

Stéphane Barré a alors rappelé que : « On ne peut pas d’un côté les applaudir et de l’autre leur envoyer les CRS et les enfumer, sans jeu de mot, sous les gaz lacrymigène. Depuis 5 mois les pompiers sont en grève et leur colère ne retombe pas. Chaque jour ils pallient aux carences, que dis-je, aux manquements de l’Etat. Les sollicitations explosent, avec un million d’interventions supplémentaires entre 2003 et 2018, et leurs effectifs restent stables. Au delà de ces besoins en recrutement, cette reconnaissance passe également par leur rémunération avec une revalorisation de la prime de feu à 28 % du salaire, contre 19 % aujourd’hui. Les pompiers veulent également le retrait du projet de loi de transformation de la fonction publique porté par Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, cette réforme ouvrant le recours massif à des contractuels, sans formation, sans concours. Ils s’opposent aussi à la réforme des retraites telle qu’elle est actuellement envisagée par le gouvernement ».

Et de conclure : « Alors que notre collectivité procède à la validation de cet avenant à sa convention avec le SDIS, il nous a semblé indispensable de porter dans cet hémicycle la voix des femmes et des hommes du SDIS ».

Dans sa réponse le Vice-président André Gautier : a complété tout d’abord les propos de sa collègue Charlotte Masset : « Je vous assure que l’ensemble des dépenses liées à Lubrizol figurent sur une facture intégralement réglée par Lubrizol ». Puis, il a indiqué que « le retour d’expérience de Lubrizol nous a aussi révélé quelques faiblesses, on les prend en compte aujourd’hui à travers cette délibération ». Avant de rejoindre les élus communistes concernant les revendications des pompiers : « Sur la prime de feu que vous avez évoqué : je redis que cette revendication est légitime. En revanche ce qui  ne l’est pas c’est la violence lors de leur manifestation à Paris et je suis d’accord avec vous sur la façon dont le gouvernerment a traité cette manifestation ». Il a cependant tenu à souligner : « Attention la prime ne doit pas être répercutée à la charge des SDIS sinon on ne règle rien, on déplacerait le problème ».

Le Président Bellanger a quant à lui admis « qu’il n’y a pas eu de recours contre Lubrizol, c’est une démarche volontaire de l’entreprise ».

Enfin pour le groupe des Indépendants, Dominique Metot a fait une proposition : « Nous pourrions aussi demander à l’Etat de remplir son rôle : l’ARS ne prend pas intégralement en charge les transports sanitaires qui de ce fait sont pris en charge par les communes et les départements ». Les élus communistes lui ont répondu qu’ils étaient volontaires !

La délibération a été votée à l’unanimité.

Pour télécharger l’intervention complète de Stéphane BarréConvention SDIS