Le dernier débat introductif à la séance du Conseil départemental du 28 mars, porté par le groupe socialiste, s’est arrêté sur les déclinaisons du Plan pauvreté en Seine-Maritime.

Pierrette Canu a tout d’abord souligné que désormais les départements sont appelés à contractualiser pour mettre en œuvre le Plan pauvreté annoncé en septembre par le chef de l’Etat. Elle est revenue sur le contenu de ce plan et son « manque d’ambition » et « surtout de moyens au regard de ceux mobilisés pour son Plan richesse ». Enfin elle a énoncé les décisions départementales prises ces dernières années et qui vont à l’inverse des efforts à déployer pour faire reculer la pauvreté, tout en questionnant sur le calendrier et les orientations qui seront prises en Seine-Maritime ?

Depuis l’élection de Macron :

25.000

associations ont disparu

Pour le groupe communiste, Sophie Hervé a estimé que ce plan présidentiel « repose sur des intentions louables que nous ne pouvons pas qualifier d’objectifs, tant que nous n’aurons pas la certitude que l’ensemble des moyens budgétaires seront mobilisés pour mettre un terme à ce fléau social et sociétal. Certaines mesures semblent aller dans le bon sens, car elles prolongent des dispositifs existants qui ont fait la preuve de leur efficacité, ou correspondent à des attentes de la part des associations de lutte contre la pauvreté. Nous nous méfions cependant beaucoup de la philosophie libérale qui guide toutes les réformes engagées et que nous retrouvons dans ce plan. Elles se traduisent toutes, sous couvert d’une prétendue simplification, par un rationnement des moyens publics, des services publics, des agents publics ».

Et d’illustrer : « Le budget de l’Etat demeure dirigé prioritairement vers les foyers les plus aisés et des grandes entreprises qui visiblement n’ont pas besoin de ces cadeaux pour crouler sous les bénéfices. Servir les plus riches ne crédibilise pas franchement cette volonté présidentielle affichée de réduire la pauvreté, surtout lorsque l’on se souvient ce que pense ce président, des aides sociales qui coûteraient un pognon de dingue. Cette philosophie globale transpire dans ce plan, avec la nécessité sous entendue de remettre tout le monde sur le « chemin du travail » en traversant la rue, et la volonté de lutter, je cite, « contre l’assistanat ». En oubliant qu’une partie de nos concitoyens ne peuvent pas exercer une activité professionnelle permanente et que le travail ne protège plus nécessairement de la pauvreté ».

Quant aux incidences de ce plan pour le Département, Sophie Hervé a annoncé « des bouleversements. Il en est ainsi par exemple du Revenu Universel d’Activité appelé à regrouper, à compter de 2020, différentes prestations de solidarité et, au moins : le RSA, les aides au logement et la prime d’activité. Les travaux dit techniques de ce RUA ont été engagés et une grande concertation est annoncée d’ici quelques semaines. Nous verrons bien s’il s’agit, ou non, de faire valider des décisions déjà prises. On connaît la chanson ! ».

Elle a appelé à la vigilance pour que « notre collectivité, les départements en général, ne viennent pas supporter le poids de l’addition des vœux présidentiels. Parce que ça, on a déjà donné aussi du temps des précédents présidents… ». Mais aussi pour que la collectivité « se fasse entendre pour que la simplification annoncée ne vienne pas, au final, faire des économies, en excluant une partie des ayant droits actuels, en les exposant à de fortes pressions, ou encore en baissant le niveau d’accompagnement par rapport au niveau actuel, tous dispositifs additionnés ».

La vice-présidente Blandine Lefebvre a confirmé que « le Président a en effet donné le coup d’envoi à une réflexion de fond dans laquelle notre collectivité participe à partir des 5 axes définis. Une loi fixera en 2020 le résultat du dispositif. Une démarche de contractualisation entre l’Etat et les départements est en cours. Elle devra intervenir avant l’été nous concernant et nous engagera sur une durée de 3 ans. Elle intègre une partie socle à tous les départements avec des objectifs communs dont la sortie des jeunes de l’Aide Sociale à l’Enfance, l’insertion des bénéficiaires du RSA ou encore l’accès aux démarches en ligne ».

Pour télécharger l’intervention de Sophie Hervé : DPD 5 – Plan pauvreté – SH