Pour le troisième débat de politique départementale, du Conseil du 10 décembre, le groupe « agir avec l’écologie au Département » a pris comme thème la réforme gouvernementale du sport.

Catherine Depitre, citant notamment Marie-George Buffet, a fait part de ses inquiétudes face aux décisions gouvernementales à l’encontre du mouvement sportif, rappelant l’importance du sport dans la société et pour la santé.

Séverine Botte au nom du groupe communiste du Front de Gauche a tenu à mettre en évidence « le poids et la diversité du mouvement sportif en Seine-Maritime, et l’enjeu sociétal du sport, que ce soit en matière de santé, de lien social, d’éducation mais également en matière de création d’emplois ».

 Le sport en Seine-Maritime :

263.000 licenciés / 2.565 clubs

Elle a dénoncé « ce gouvernement qui a choisi de réformer la gouvernance du sport issue d’une volonté politique considérant le sport comme un véritable service public et reposant depuis plus de 50 ans sur deux principes fondamentaux : la délégation par l’État de l’animation et de la gestion du sport à des structures essentiellement associatives d’une part, et la solidarité au sein des fédérations entre le sport amateur et le sport professionnel, d’autre part.

Une organisation qui a contribué, grâce au Centre National pour le Développement du Sport (CNDS), à l’organisation des délégations françaises aux grands événements sportifs, soutenu financièrement les associations et les collectivités dans le développement local du sport et a permis à 1.670 conseillers techniques sportifs répartis sur tout le territoire, d’intervenir auprès des fédérations principalement sur des missions de détection et d’entraînement des sportifs de haut-niveau, ou de formation ».

 Budget du Ministère des sports

– 7 % en 2018

– 6,2 % en 2019

Pour Séverine Botte « l’ensemble de cette dynamique, originalité de notre modèle Français, la nouvelle gouvernance l’écarte d’un revers de main en supprimant le CNDS au profit d’une Agence du sport qui prendra la forme d’un Groupement d’Intérêt Public avec deux missions : la haute performance et le développement des pratiques. Or, cette agence composée de l’Etat, du mouvement sportif, des collectivités, principales financeurs du sport, et du monde économique, va  limiter la démocratie et illimiter le marché, pour reprendre une formule du penseur d’économie libérale Friedrich Hayek ».

« Une situation critique qui conduira inévitablement à une baisse des moyens accordés au sport non-professionnel, la haute performance, le sport médaillable étant semble-t-il sanctuarisé ».

Moralité pour Séverine Botte : « Pour nous, accueillir les J.O. c’est aussi et surtout soutenir les associations sportives, les bénévoles dirigeants, les sportifs amateurs ainsi que les professionnels de la filière sportive qui encadrent les pratiques et permettent ainsi le développement du sport. Soyez en convaincu, ces mauvais choix budgétaires alourdiront un peu plus la charge des financements de nos collectivités territoriales, de notre Département. 85% des associations sportives bénéficient actuellement d’un financement public.

D’où notre inquiétude et notre opposition à ce projet qui accentuera les inégalités, tant territoriales que sociales ».

Emplois dans le domaine de l’animation sportive = – 18 %

Et de rappeler que « les réformes territoriales successives favorables au développement des EPCI, métropoles et autres communautés d’agglo amplifient le phénomène en encourageant le regroupement des clubs dans le but unique d’optimiser et de réduire les financements, au détriment des choix des pratiquants qui veulent des activités diversifiées, des clubs de proximité et à taille humaine ».

Séverine Botte a conclu : « A des choix contestables et contestés par le mouvement sportif et les sportifs de haut niveau eux-mêmes, s’ajoutent la suppression des emplois aidés. Un effet néfaste pour nos associations qui se fait déjà sentir avec une diminution conséquente (18%) des emplois dans le domaine de l’animation ».

Pour la majorité, Chantal Cottereau, Sébastien Tasserie ou Denis Merville ont regretté « des décisions venues d’en haut »« leurs conséquences sur les budgets des collectivités territoriales et des clubs pourtant essentiels dans notre vie locale », mais tout en confirmant la nécessité de « réformer la gouvernance ». Ils ont toutefois précisé « qu’il ne fallait pas commencer par baisser les budgets… Il ne fallait pas mettre la charrue avant les chevaux ».

Pour télécharger l’intervention complète de Séverine Botte : DPD 3 – Sport – SBO