Pôles de santé libéraux et ambulatoires : modalités de soutien en faveur des projets de démographie médicale

Nathalie Lecordier a présenté, lors du Conseil départemental du 11 décembre, un plan d’actions en faveur des Pôles de santé libéraux pour lutter contre le déficit d’offre de soin constaté en Seine-Maritime. Le Président Martin parlant dans le débat « d’une mobilisation générale » pour un Département de Seine-Maritime, comme celui de l’Eure, qui figure parmi les départements de France qui souffrent le plus de l’absence de médecins.

Après avoir rappelé « qu’il n’est pas rare que la recherche d’un médecin traitant tourne au parcours du combattant pour les patients » ou « qu’il est fréquent, sur les territoires ruraux comme dans certaines agglomérations, de devoir patienter des mois, voire une année, pour décrocher un rendez-vous avec un spécialiste », Séverine Botte a dénoncé une « rupture d’égalité face à l’accès à la santé du quotidien ».

Puis elle a regretté que « le rapport développe peu cette situation et pourtant il y a bien des choses à dire sur ce constat qui appelle aujourd’hui la mobilisation des collectivités locales, ainsi que sur les raisons qui ont conduit la France, 5e puissance économique mondiale, à être ainsi confrontée à un tel déficit dans l’offre de soin. Résultat de 20 ans d’absence de politique publique de l’Etat dans ce domaine. Un Etat qui, sous l’impulsion de ses gouvernements libéraux successifs, a choisi de laisser la cartographie médicale se modifier au gré des souhaits d’installation géographique des médecins ».

Et de s’arrêter sur des décisions politiques qui expliquent la situation actuelle : « Lorsque le gouvernement Juppé, dans sa logique de contrôleur des finances, a décrété qu’il y avait trop de médecins. Ce qui fut chose faite avec la décision de diminuer drastiquement le numérus clausus d’accès aux études médicales dont les effets se sont fait sentir dès 2005 ».

Par conséquent, selon Séverine Botte, « face à cette pénurie, les collectivités locales sont appelées à jouer désormais les pompiers de service ».

Le groupe a bien entendu soutenu les mesures présentées en invitant « toutefois chacun à mesurer à la lumière des sommes importantes qu’il nous faut mobiliser aujourd’hui, comment les logiques libérales finissent tôt ou tard par porter préjudice à l’intérêt général ».

Dominique Métot pour le groupe des indépendants a indiqué que son groupe votera la délibération tout en rappelant que la réelle responsabilité de cette problématique incombait à l’Etat.

Le dispositif a été adopté à l’unanimité. Il comporte notamment, en zones définies comme prioritaires au regard des carences constatées, des Pôles de Santé Libéraux Ambulatoires (PSLA) qui s’appuient sur le principe dit des « 3 X 15 » : 15 professionnels dans la structure, 15 minutes de temps d’accès, 15.000 habitants desservis.

Pour télécharger l’intervention complète de Séverine Botte : 2.05 – Interv SB – Démographie médicale