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Communiqué de Jean-Paul LECOQ, le 21 octobre 2016

Si tout le monde s’accorde à considérer que favoriser le transport ferroviaire pour les passagers comme pour le fret est une priorité, notamment au regard des enjeux environnementaux,

si personne ne peut contester l’importance de moderniser la ligne Le Havre / Paris pour qu’elle soit enfin à la hauteur des attentes et des besoins des usagers,

si le président de la SNCF reconnait que la Normandie a été délaissée et que son entreprise est redevable d’une dette auprès des normands,

si le désenclavement ferroviaire du port du Havre est d’une impérieuse nécessité pour l’avenir de notre port, de notre bassin industriel et de l’économie nationale,

force est de constater qu’empêtrés dans leur logique libérale d’austérité, la SNCF comme le gouvernement, semblent bien incapables de porter une véritable ambition pour le fer en Normandie, une vraie vision d’avenir.

Car le projet de Ligne Nouvelle Paris Normandie, dans les limites qu’il s’est vu imposer, ne saurait être une fin en soi. Il constitue au contraire un programme minimum, une première réponse évidente dans l’attente d’aménagements stratégiques nécessaires pour répondre aux enjeux posés.

Et si l’on veut vraiment développer le trafic ferroviaire en Normandie, il faut le sortir de son confinement sur la rive nord de la Seine pour lui permettre de franchir l’estuaire vers le sud. Tout devient alors possible.

Ce franchissement sud est du reste le seul à pouvoir garantir que la future gare de Rouen rive gauche serve bien les intérêts de tout le territoire normand. A défaut de quoi, elle entrainerait une dégradation évidente des dessertes vers Le Havre à l’ouest et Dieppe au nord. Il suffit d’ailleurs de prendre une carte pour dresser ce constat.

La région havraise ne doit pas s’en contenter, elle n’est pas un Finistère normand, mais son poumon économique. Ignorer cette réalité pour se satisfaire d’un programme d’investissement ferroviaire ad-minima, serait politiquement et économiquement une faute. Ce programme actuel doit par conséquent être complété par des projets complémentaires d’étude du franchissement ferroviaire de l’estuaire de la Seine et de désenclavement accéléré du port du Havre.

A cet effet, la mobilisation des décideurs et des élus de l’estuaire est plus que jamais nécessaire. C’est ce que j’ai plaidé ce midi devant le patron de la SNCF, Guillaume Pépy en visite au Havre.

Télécharger le communiqué de Jean-Paul LECOQ : communique-ferroviaire-jpl