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Plus aucune bourse départementale aux collégiens mais un engagement pris par la majorité de Droite en février d’intervenir plus fortement en matière d’aide à la restauration dans les collèges. Pari tenu ?… Pas vraiment a dénoncé Sophie Hervé lors du Conseil départemental du 20 juin dernier : « vous modifiez à la marge le dispositif d’aide départementale pour l’accès à la restauration scolaire pour tous. Un domaine essentiel qui devrait pourtant mobiliser prioritairement nos efforts, lorsque l’on sait qu’en ces temps de pouvoir d’achat en miette et de développement de la précarité, de plus en plus de familles font l’économie de la cantine pour des collégiens ». Avant de poursuivre : « même relookée avec un nouvel acronyme, cette ACRI manque de souffle au regard des enjeux. Elle se contente de remonter de 80 à 90 % le seuil de prise en charge des frais de restauration pour la catégorie la plus démunie des familles des collégiens bénéficiaires. Un point c’est tout. Ce n’est pas une réforme, c’est une goutte d’eau ».

Un geste à 12 % pour 2.800 familles dont le quotient familial est inférieur à 436 Euros quand il faut un quotient de 667 Euros pour bénéficier de l’aide à la restauration, soit 1.500 Euros de ressources en moyenne pour un foyer avec deux enfants. Ce qui fit dire à Sophie Hervé : « avec un effort départemental de 168.000 Euros, le calcul est vite fait, ce geste se limite en moyenne à 60 Euros par an et par famille ! Nous nous en réjouissons pour ces familles concernées, sauf que dans le même temps une bonne partie d’entre elles perdent la bourse départementale ! », ajoutant que la majorité fait dans le même temps une économie de 980.000 euros sur les bourses.

Sophie Hervé a dénoncé cette situation : « Joli tour de passe-passe pour justifier la suppression des bourses puisque, à l’arrivée, le compte n’y est pas. Et loin de là ! Nous le voyons bien, cette annonce concrétisée aujourd’hui par cette délibération était un écran de fumée pour masquer la véritable visée de cette suppression des bourses. Une mesure guidée simplement par l’austérité. Alors bien sûr, nous allons voter cette délibération, même pour 60 Euros par an, c’est toujours ça de regagner pour les familles les plus en difficulté qui perdent le bénéfice des bourses. Mais vous devriez éviter, par respect envers ceux qui attendent de la solidarité départementale des actes plus en phase avec leurs réalités, tout ce maquillage de communication et ces grandes formules dans vos écrits. Jouez là donc plus modeste la prochaine fois ».

Poursuivant le constat accablant, Sophie Hervé a dressé le nouvel état des lieux de l’ACRI : « Rien de plus en revanche pour les 2.800 autres familles bénéficiant de l’aide à la restauration dans des proportions plus réduites, alors même qu’elles vivent en moyenne avec des revenus d’environ 990 à 1.500 Euros avec deux enfants. Rien d’autre non plus pour les classes moyennes les plus fragiles, celles qui doivent faire avec des revenus de 1.500 à 2.000 Euros avec deux enfants et qui vont perdre le bénéfice du Pass’Culture désormais placé sous conditions de ressources. Pendant ce temps, les banques créancières du département vont empocher 10 millions d’euros supplémentaires qui n’étaient pas prévu dans leurs prévisions… Pour les financer vous en êtes réduit à renier sur des dispositifs de solidarité comme les bourses ou à réduire la portée de dispositifs valorisant comme le Pass’Culture ».

Télécharger l’intervention de Sophie Hervé : 1.02 – Interv SH – Aide à la restauration