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Les débats de la session du Département du 6 octobre se sont portés sur l’agriculture avec l’examen d’une proposition de dispositif départemental de soutien à l’élevage. Au nom du groupe, Jean-Paul Lecoq a tout d’abord soutenu cette délibération en précisant toutefois que « pour sauver notre agriculture et la grande majorité des exploitants agricoles de la menace de mort que fait peser sur eux le libéralisme » il convenait de changer de braquer : « nous ne posons pas le même diagnostic, donc nous n’envisageons pas les mêmes solutions. Les nôtres ayant l’avantage de n’avoir pas encore été mises en œuvre, contrairement aux vôtres qui se succèdent sans aucun effet durable. Vous vous attaquez aux conséquences, jamais aux causes de ces crises ».

Poursuivant en lançant un appel de raison à l’assemblée : « Ouvrez les yeux : il ne s’agit pas d’une énième crise ou, comme le souligne le rapport dans son introduction d’un simple contexte de crise percutant l’agriculture et l’élevage. Non, il s’agit bien d’une conséquence prévisible et reproductible d’une même cause. Cette cause, c’est la politique mise en œuvre, tant en France qu’au niveau européen, depuis des années : le libéralisme économique ».

Jean-Paul Lecoq a plaidé pour une utilisation saine de l’argent public : « l’argent public doit, bien entendu, être utilisé pour faire jouer la solidarité avec les exploitants durement touchés et qui ne peuvent même plus tirer le juste fruit de leur dur labeur pour faire face à leurs besoins fondamentaux. Mais il doit également être utilisé pour changer ce cap et mettre l’agriculture à l’abri des dérives libérales : en encourageant par exemple un retour à des pratiques agronomiques adaptées, en luttant contre la spéculation sur les denrées agricoles, ou encore en agissant pour contrer la constitution de mégas exploitations afin de préserver une agriculture de proximité ».

Puis il a mis en garde l’assemblée : « Si cet argent public, nos politiques publiques, au-delà encore une fois de la juste solidarité, sont utilisés pour gagner en compétitivité comme le préconise ce rapport et la Chambre d’Agriculture, ou pour obtenir un allègement des normes et règlements comme le demande la FNSEA, normes qui, au passage, existent pour protéger l’environnement et la santé, alors disons le tranquillement, cet argent public est versé à fonds perdus d’avance. Car dans une économie libéralisée et mondialisée, vous trouverez en effet toujours moins cher et moins réglementé que vous. Il s’agit d’une course absurde qui, à l’arrivée, finit toujours par servir les plus forts au détriment des plus fragiles, des plus isolés ».

Jean-Paul Lecoq a préconisé un changement de cap : « seul un maillage agricole à taille humaine, adossé à des bassins de vie, est de nature à garantir la satisfaction des besoins des populations, tout en apportant aux exploitants les revenus nécessaires à leur vie quotidienne et à celle de leurs familles », avant de conclure : « Cette délibération, non pas par ses attendus mais par son objet et son résultat va dans le bon sens, nous ne devons cependant pas nous en contenter. Il faut aller plus loin ».

Dans sa réponse, Patrick Chauvel, Vice-Président en charge de l’agriculture, s’est défendu de limiter ce plan à une aide en faveur de la Chambre Régionale d’Agriculture et a déploré, s’agissant de la filière lin, le départ en Chine de toute la valeur ajoutée de cette production, dénonçant ainsi lui aussi à sa manière le libéralisme mondialisé.

Pour télécharger l’intervention complète de Jean-Paul Lecoq : Intervention JPL soutien élevage