Monsieur le Président, Chers collègues,

Le rapport propose d’établir une modulation des subventions départementales à l’investissement sur la base d’une évaluation relative des ressources et des charges des collectivités reposant sur une démarche de péréquation et redistribution dans une optique se voulant solidaire. De même, le fait que le rapport prévoit d’instaurer des bonifications de subventions à l’investissement dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de développement durable du Département semble intéressant néanmoins le projet de délibération présente selon nous plusieurs limites.

En premier lieu, le fait que l’Indicateur Départemental de Ressources et de Charges (IDCR) proposé prenne en compte le revenu moyen par habitant et non le revenu médian pour lequel notre groupe oeuvre depuis plusieurs années. En effet, le revenu moyen ne permet pas d’établir une photographie fidèle à la réalité de la situation des ménages. C’est pourquoi l’Insee préconise de retenir l’indicateur du revenu médian pour mesurer les écarts de richesse entre les habitants des communes. C’est cet indicateur qui a été retenu par l’Express dans son numéro du 22 mai dernier pour réaliser son article « Rouen, Le Havre Seine-Maritime où vivent les riches ? Où vivent les pauvres ? » dont nous conseillons à tous la lecture.

En second lieu l’épisode de l’amendement à la délibération présenté ce matin en commission des finances finalement retoqué, au motif que les services ne disposent pas des éléments nécessaires pour le mettre en œuvre, illustre le manque de concertation et la précipitation qui caractérise de bout en bout l’élaboration de cette délibération importante. Une telle délibération impactant très sensiblement  les aides  départementales aux communes et aux EPCI méritait un réel temps d’échanges serein et éclairé entre les élus.

Notre dernière remarque tient pour sa part, au montant de l’enveloppe consacrée aux aides aux investissements des communes et EPCI. Quand bien même la modulation proposée serait pertinente, il faut encore que les projets soient tout simplement retenus. En effet, sur les 794 dossiers déposés au 31 octobre 2012, seuls 297 ont obtenus une réponse favorable soit une enveloppe de 20 millions d’euros accordés pour 50 millions sollicités. La modulation des subventions proposées s’inscrit dans le cadre de cette enveloppe de 20 millions d’euros notoirement insuffisantes, ce qui repose à nouveau la question du montant insuffisant des dotations versées au CG. Un fait, la modulation proposée restera tout bonnement virtuelle pour un très grand nombre de projet répondant pourtant aux critères fixés par le conseil général tels que ceux liés aux développements durable et aux économies d’énergie en découlant puisqu’il n’y aura pas les crédits correspondant pour les finances.

Pour ces raisons, le groupe des élus communistes s’abstiendra sur cette délibération.