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Evolution de l’aide à la restauration contre la suppression des bourses, Sophie Hervé dénonce un mauvais tour de passe-passe !

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Plus aucune bourse départementale aux collégiens mais un engagement pris par la majorité de Droite en février d’intervenir plus fortement en matière d’aide à la restauration dans les collèges. Pari tenu ?… Pas vraiment a dénoncé Sophie Hervé lors du Conseil départemental du 20 juin dernier : « vous modifiez à la marge le dispositif d’aide départementale pour l’accès à la restauration scolaire pour tous. Un domaine essentiel qui devrait pourtant mobiliser prioritairement nos efforts, lorsque l’on sait qu’en ces temps de pouvoir d’achat en miette et de développement de la précarité, de plus en plus de familles font l’économie de la cantine pour des collégiens ». Avant de poursuivre : « même relookée avec un nouvel acronyme, cette ACRI manque de souffle au regard des enjeux. Elle se contente de remonter de 80 à 90 % le seuil de prise en charge des frais de restauration pour la catégorie la plus démunie des familles des collégiens bénéficiaires. Un point c’est tout. Ce n’est pas une réforme, c’est une goutte d’eau ».

Un geste à 12 % pour 2.800 familles dont le quotient familial est inférieur à 436 Euros quand il faut un quotient de 667 Euros pour bénéficier de l’aide à la restauration, soit 1.500 Euros de ressources en moyenne pour un foyer avec deux enfants. Ce qui fit dire à Sophie Hervé : « avec un effort départemental de 168.000 Euros, le calcul est vite fait, ce geste se limite en moyenne à 60 Euros par an et par famille ! Nous nous en réjouissons pour ces familles concernées, sauf que dans le même temps une bonne partie d’entre elles perdent la bourse départementale ! », ajoutant que la majorité fait dans le même temps une économie de 980.000 euros sur les bourses.

Sophie Hervé a dénoncé cette situation : « Joli tour de passe-passe pour justifier la suppression des bourses puisque, à l’arrivée, le compte n’y est pas. Et loin de là ! Nous le voyons bien, cette annonce concrétisée aujourd’hui par cette délibération était un écran de fumée pour masquer la véritable visée de cette suppression des bourses. Une mesure guidée simplement par l’austérité. Alors bien sûr, nous allons voter cette délibération, même pour 60 Euros par an, c’est toujours ça de regagner pour les familles les plus en difficulté qui perdent le bénéfice des bourses. Mais vous devriez éviter, par respect envers ceux qui attendent de la solidarité départementale des actes plus en phase avec leurs réalités, tout ce maquillage de communication et ces grandes formules dans vos écrits. Jouez là donc plus modeste la prochaine fois ».

Poursuivant le constat accablant, Sophie Hervé a dressé le nouvel état des lieux de l’ACRI : « Rien de plus en revanche pour les 2.800 autres familles bénéficiant de l’aide à la restauration dans des proportions plus réduites, alors même qu’elles vivent en moyenne avec des revenus d’environ 990 à 1.500 Euros avec deux enfants. Rien d’autre non plus pour les classes moyennes les plus fragiles, celles qui doivent faire avec des revenus de 1.500 à 2.000 Euros avec deux enfants et qui vont perdre le bénéfice du Pass’Culture désormais placé sous conditions de ressources. Pendant ce temps, les banques créancières du département vont empocher 10 millions d’euros supplémentaires qui n’étaient pas prévu dans leurs prévisions… Pour les financer vous en êtes réduit à renier sur des dispositifs de solidarité comme les bourses ou à réduire la portée de dispositifs valorisant comme le Pass’Culture ».

Télécharger l’intervention de Sophie Hervé : 1.02 – Interv SH – Aide à la restauration

Le dispositif 76 Solidaire perd son S et rétrécit…

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Le modeste héritage du dispositif 276 réduit à une seule action de solidarité et aux limites département de la Seine-Maritime a fait réagir Sophie Hervé au nom du groupe lors de la séance du Conseil départemental du 20 juin : « Survivance du dispositif 276 qui, quoi que vous puissiez en dire, restera dans les esprits et dans l’histoire départementale comme un dispositif partenarial utile qui prit fin brutalement avec l’arrivée de la Droite, ce 76 solidaire s’est restreint aux seules limites de notre Département. Un comble pour marquer l’avènement d’une nouvelle Région, plus grande, que l’on nous a vendu comme un vecteur de progrès ».

Constatant que « la politique de la nouvelle Région Normande, c’est désormais le chacun pour soi en application du qui peut le moins… peut le moins… », Sophie Hervé a regretté que « ce qui était une réussite dans les collaborations régionales avec deux départements ne soit pas étendu aux trois autres ». Conclusion, « la solidarité est une notion qui n’était visiblement pas inscrite dans le programme de Monsieur Morin le libéral ». Néanmoins, le groupe a voté pour cette délibération « non sans marquer une certaine amertume, en validant le maintien de ce volet solidaire du feu 276 qui permet aux associations caritatives de continuer à bénéficier du soutien départemental pour le transport des denrées alimentaires et leur réfrigération ».

Le groupe socialiste a voté contre. Le groupe des indépendants s’est abstenu.

Télécharger l’intervention de Sophie Hervé : 1.01 – Interv SH – 76 Solidaire

Contournement Est de Rouen : les élus du Front de Gauche dénoncent un projet qui oppose et divise les populations

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Le Président du Département a accédé à la demande formulée par le groupe communiste en organisant lors du Conseil départemental du 20 juin, un débat et un vote relatifs au projet de contournement Est de Rouen. La Préfète de Région a cependant décliné l’invitation à y participer prenant prétexte de l’enquête publique en cours, ce qui n’a pas manqué de faire réagir Hubert Wulfranc : « Ce débat public aura lieu sans les représentants de l’Etat alors même que le projet présenté et contesté a été établi par l’Etat, c’est vous dire s’ils sont à l’aise sur le sujet ! ».

Après une présentation du projet par les services départementaux, Hubert Wulfranc a tenu à préciser que « les élus Communistes et du Front de Gauche de la Métropole rouennaise, du Département, de la Région et des municipalités concernées, sont vent debout contre ce projet. Ils ne sont pas seuls, tant du côté d’un certain nombre de Maires que d’élus de sensibilités diverses et variés. Une opposition à un projet dont le tracé a été imposé unilatéralement par les services de l’Etat en 2013. Notre opposition est fondée sur une analyse critique des caractéristiques de ce projet qui ne répond pas aux objectifs qui lui ont été assignés, et dont l’économie générale est selon nous totalement négative ».

Avant de détailler méthodiquement tout ce qu’il comporte comme atteintes à l’environnement, aux intérêts et à la santé des populations impactées par ce tracé, Hubert Wulfranc a porté à la connaissance de l’assemblée des éléments accablants : « Concernant l’objectif premier affiché de décongestionner le trafic routier de la Métropole rouennaise, nous nous inscrivons résolument en faux contre l’argumentaire développé par la DREAL et les partisans du contournement. En effet, les reports de trafics escomptés sont contestés par l’Autorité environnementale dans son avis rendu en février dernier. Celle-ci indique que l’exercice d’évaluation du report de trafic est rendu difficile du fait des incertitudes qui pèse sur le niveau du péage qui sera exigé des utilisateurs de l’infrastructure. Plus celui-ci sera élevé, moins l’équipement sera utilisé. Néanmoins, en l’état des données à sa disposition, l’Autorité environnementale table sur un report marginal des trafics au sein de l’agglomération à hauteur de 5%. Autrement dit ce n’est pas le grand soir attendu par les habitants de l’agglomération et par les usagers de nos routes ».

D’autant qu’en terme de transport, le projet de contournement Est « n’est adossé à aucune proposition étudiée et programmée de développement et d’amélioration des transports en commun, notamment sur la rive Sud-Est de la Métropole qui dispose d’une offre de transport collectif très insuffisante au regard des besoins ».

Concernant le second objectif assigné au projet, à savoir l’amélioration de l’environnement et du cadre de vie, de l’air, de l’eau au sein de la Métropole rouennaise et son centre ville, pour Hubert Wulfranc cela relève : « au mieux de la gageure, et au pire, de l’enfumage. En effet, les maigres améliorations attendues de ce projet pour le centre ville de Rouen apparaissent totalement disproportionnées au regard des risques encourus par les populations directement impactées par l’infrastructure. Si les simulations officielles tablent sur une très légère amélioration de la qualité de l’air dans l’hyper-centre rouennais, de l’ordre de 5 à 10% d’émission de polluants en moins, laquelle reste néanmoins hypothétique, du fait de l’augmentation du trafic routier annoncé sur Rouen, cette amélioration se ferait au prix certain d’un accroissement des émissions de polluants au-delà des normes sanitaires européennes sur l’ensemble des bassins de vie impactés et notamment les communes d’Oissel et de Saint Etienne du Rouvray ».

Et de détailler : « Ainsi l’Autorité environnementale a relevé dans son avis que les concentrations en dioxyde d’azote (NO2) dépasseraient en moyenne annuelle les 20 microgrammes par mètre cube sur 200 à 300 mètres sur le périmètre du rond point des vaches pour un seuil sanitaire fixé à 10 microgrammes. Sur le même périmètre, les concentrations de particules fines dont le diamètre est inférieur à 10 microns (PM10) sont évaluées en moyenne annuelle à 47 microgrammes par mètre cube alors que le seuil sanitaire est fixé à 40 microgrammes. Enfin, l’Autorité environnementale a relevé que les concentrations des particules inférieures à 2,5 microns, les polluants les plus susceptibles de générer des cancers, ne sont tout simplement pas mentionnées par l’étude des services de l’Etat. Un manquement sans doute fort opportun au regard de la dégradation de la qualité de l’air déjà annoncé ».

Mais pour Hubert Wulfranc, les conséquences de ce tracé vont encore plus loin : « Outre les émissions de polluants liées au trafic routier, ces mêmes riverains Stéphanais et Osseliens seront confrontés à des nuisances sonores particulièrement accrues. Des habitants vivant déjà à proximité immédiate de la ligne ferroviaire Rouen – Paris, et qui seront confrontés par la suite, à la réalisation de la Ligne Nouvelle Paris Normandie. Et bien c’est un véritable enfer sonore que l’on promet à ces populations. Des nuisances sonores dont Christophe Bouillon notre collègue qui préside le Conseil National du Bruit, estime le coût social à 20 milliards d’euros rien que pour les nuisances générées par les transports, principale source de bruit infligés aux populations ».

Hubert Wulfranc a également dénoncé à propos du viaduc qui serait construit « l’édification d’une véritable muraille de séparation qui est promise aux communes d’Oissel et de Saint-Etienne-du-Rouvray. Un charmant point de vue en effet puisque la Charte de valorisation propose, non sans cynisme, de mettre en valeur les paysages traversés par l’autoroute et de s’approprier les grands viaducs pour en faire je cite : une identité du territoire et des points de vues… Les habitants des territoires traversés par le viaduc de raccordement apprécieront moyenne la mauvaise blague… En effet, n’est pas le viaduc de Millau qui veut. Les auteurs de cette Charte croient-ils réellement à ce qu’ils écrivent. Imaginez-vous sérieusement que les automobilistes emprunteront ce viaduc autoroutier payant dans l’objectif de contempler les territoires Stéphanais et Osseliens sur lesquels certains décideurs entendent déporter toutes les nuisances et les activités économiques les moins valorisantes ? ».

Pour le groupe communiste et républicain du Front de Gauche, la conclusion est sans appel : « Pendant que la ville centre accueillerait les quartiers écologiques desservis par des transports collectifs performant ainsi que les activités les plus valorisantes, socialement et économiquement parlant, les habitants du sud-est de l’agglomération, déjà socialement plus éprouvés, seraient condamnés à vivre dans des conditions environnementales et sanitaires dangereusement dégradées et à proximité de déchèteries et de centres de ferraillage à ciel ouvert ».

Hubert Wulfranc dénonçant au passage « Les véritables bénéficiaires visés par l’infrastructure promise : les entreprises de la place portuaire rouennaise qui entendent disposer d’une desserte fiable et rapide dans une optique de course à la compétitivité ».

Il a alors lancé un appel à tous les élus présents : « Pour l’ensemble de ces raisons et nous n’en n’avons pas fait le tour, loin de là, le groupe des élus Communistes, Républicains / Front de Gauche votera contre le projet d’avis favorable soumis à l’examen de notre collectivité. En tout état de cause, nous demandons à chacun des membres de l’assemblée départementale de bien prendre en considération les doutes objectivement fondés sur l’utilité et l’efficacité de ce tracé de contournement en même temps que ses conséquences, elles indubitables, sur la qualité de vie d’un bassin d’habitat. Chers collègues, si votre ligne de conviction embrasse sincèrement le droit de tout à chacun à un développement durable de sa personne, de son environnement familial et familier au quotidien vous réserverez votre vote aujourd’hui au bénéfice des doutes persistants sur ce dossier et de l’éthique personnelle que chaque élu peut légitimement exercer dans son choix de vote indépendamment de son engagement politique ».

En réponse, la quasi totalité des intervenants se sont révélés d’ardents promoteurs de ce projet, Marine Caron, élue de Droite à Rouen allant même jusqu’à affirmer : « je ne me réjouis pas des gens qui vont perdre leur maison ou des villages coupés en deux mais il vaut avancer, c’est l’avenir de tout un territoire qui se joue ! ».

Seuls Jacques-Antoine Philippe, élu socialiste du canton de Darnétal s’est montré très critique et très réservé sur les aspects de pollution, de bruit et de coût de péage ainsi que Dominique Métot du groupe des indépendants qui a dénoncé « la multiplication des péages sur les routes et les ponts de notre département ». Ils ont cependant voté pour ce projet en appelant à ce qu’il soit amélioré pour en faire un « projet exemplaire tirant les leçons des expériences passées ».

Enfin, Jean-Paul Lecoq a plaidé pour qu’une bonne solution puisse être trouvée aux problèmes réels rencontrés sur toute la métropole en raison du trafic, tout en estimant que le projet présenté est « un mauvais projet », avant de détailler : « Tout d’abord parce qu’il repose sur un péage, or tout péage incite à des reports de trafics, notamment des poids-lourds sur les axes secondaires. Ceci est avéré et inhérent au mode de fonctionnement du transport routier. Plus les chauffeurs évitent des péages, plus ils sont gratifiés par leur employeur ».

Il a également pris l’exemple de la rocade nord du Havre, une vraie réussite « car elle s’est faite non pas en opposant les populations mais en obtenant un accord unanime sur son tracé. Et puis, elle est gratuite ! », rendant au passage hommage à l’action de Michel Barrier, ancien vice-président communiste du Département qui a porté sa réalisation.

Malgré un dernier appel d’Hubert Wulfranc « pour que le doute et les réserves puissent permettre d’obtenir la révision de ce projet non pas pour ne rien faire mais pour faire bien », le vote fut sans appel, toute l’assemblée a voté pour ce projet à l’exception des élus communistes du Front de Gauche. Même le principe de précaution n’aura pas résisté à la consigne des états-majors.

Télécharger l’intervention d’Hubert Wulfranc : 5.03 – Interv HW – Contournement Est

Séverine Botte et Sophie Hervé lancent un appel au Conseil départemental pour l’éducation soit à l’abri des politiques d’austérité

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Politique éducative : « Même conception de l’action publique, même méthode, même résultat. Il n’y a que l’étiquette qui change, le contenu est identique ! »

Dans le cadre du débat de politique départementale ouvrant la séance, le groupe socialiste s’est lancé dans une critique ouverte des mesures prises par la majorité dans le domaine de l’éducation, un an après son arrivée à la tête du Conseil départemental. Une politique où les « critères financiers passent avant les critères éducatifs ». La majorité a rétorqué en énumérant tout ce que le Département fait pour soutenir l’éducation et en invitant l’opposition socialiste à un peu de retenue compte tenu de l’état des finances laissées par la précédente majorité. La Droite a tenu par ailleurs à souligner toutes les mesures gouvernementales en opposition avec la communauté éducative.

« Comment en poursuivant une politique aussi semblable, portée par une même logique libérale d’austérité, vous pouvez les uns et les autres vous disputer autant ? » s’est interrogée Séverine Botte au nom du groupe Communiste et Républicain, Front de Gauche. « Sur la question du soutien à l’école privée pour quelques uns au détriment de l’école publique pour tous, vous marquez une vraie différence, les Droites, et nous le voyons bien à travers les mesures prises en Seine-Maritime depuis mars 2015, étant toujours sur l’idée qu’en atomisant l’enseignement, en séparant le bon grain, bien né ou ayant la chance de pouvoir compter sur les revenus de Papa ou Maman, on sert l’égalité des chanceux. Mais après ? Sur le reste ? Les logiques de rationnement des cartes scolaires identiques selon que le Ministère de l’Education Nationale soit dirigé par la Gauche libérale en plein contre sens ou par la Droite traditionnelle sont toutes marquées par des fermetures comptables abusives du point de vue de l’intérêt de l’enfant et de la qualité d’enseignement ».

Puis Séverine Botte a dénoncé « les prétendues réformes qui se succèdent, comme celle du collège, continuent à viser la réduction des moyens sous couvert de modernité, sans concertation et sans adhésion des acteurs concernés. Aux forceps. Le PS dénonce et pourtant, dans le même temps, les Dotations Globales Horaires des collèges, décrétées par l’Etat poursuivent leur mouvement à la baisse… Enfin, bien entendu, vous vous en prenez, les uns et les autres, au pouvoir d’achat des parents d’élève au motif qu’il n’y aurait plus assez d’argent dans les caisses. Forcément l’argent est ailleurs ! Dès lors il vous faut gérer la pénurie que vous avez créée, plutôt que de chercher à obtenir le juste financement pour un système éducatif pourtant considéré par tous comme la clé d’une société apaisée. Vous êtes en pleine contradiction… ».

Puis s’adressant aux élus socialistes, elle s’est étonnée : « Que n’a-t-on pas entendu pour condamner avec nous et avec la principale fédération de parents d’élèves la suppression des bourses départementales ? Jusqu’à ce que l’on apprenne que, pour la prochaine rentrée, le gouvernement supprime les remises de principe destinées aux familles nombreuses, ce qui entrainera pour elles des surcouts en moyenne de 300 Euros. Avec le rationnement du pass’culture pour les collégiens cela commence à faire beaucoup ».

Avant de conclure : « Même conception de l’action publique, même méthode, même résultat. Il n’y a que l’étiquette qui change, le contenu est identique. Cessez donc de vous quereller ainsi, il n’y a plus matière. L’enseignement mérite une autre ambition que la vôtre, des moyens enfin à la hauteur et à l’abri de toute forme d’austérité ». Un constat auquel s’est associé, avec d’autres mots, Dominique Métot du groupe des indépendants, rappelant que seul l’intérêt des collégiens seinomarins doit primer, quelque soit leur lieu géographique. Un peu plus tard, il confirmera cependant son soutien à la majorité de Droite dans ses décisions budgétaires et refusera de voter le rétablissement des bourses aux collégiens.

Le bilan éducatif de la précédente majorité porté par Sébastien Jumel, alors vice-président communiste à l’éducation, ayant été à plusieurs reprises cité par les uns et par les autres, Hubert Wulfranc a tenu pour sa part à valoriser ce qu’un élu communiste en responsabilité est capable de conduire pour faire bouger les lignes, tout en demandant à chacun de se souvenir que ce bilan a toutefois « été freiné par la mise en place des politiques d’austérité décrétées par le groupe socialiste dès qu’il a détenu la majorité absolue ». Des politiques auxquelles les élus communistes se sont opposés.

Au cours de ce même débat, Sophie Hervé a pour sa part souligné qu’avec le budget 2016 « la majorité de droite, a fait le choix délibéré de s’en prendre aux solidarités, pourtant première mission des départements, et de casser entre autres, les outils de l’égalité des chances, en supprimant notamment les bourses aux collégiens. C’est une économie de 930 000 € que vous avez fait sur le dos des familles en supprimant ce dispositif ». Une situation que la conseillère départementale havraise a dénoncé avec vigueur : « la remise en cause de toutes ces aides est scandaleuse car ce sont les familles modestes et aussi les plus en difficultés qui sont ainsi touchées de plein fouet ! ».

Porteuse d’une pétition signée massivement et de plusieurs motions adoptées dans ce sens par des conseils municipaux et conseils d’administration de collèges, Sophie Hervé a lancé un appel : « Avec les familles, les associations, les parents d’élèves nous continuons de refuser la suppression de ces bourses départementales, du Pass’Culture, la diminution du budget alloué au CRED, et la suppression du budget pour les objets confectionnés, et vous demandons Monsieur le Président du Conseil Départemental, de revenir sur ces décisions et de rétablir les bourses départementales et les budgets alloués aux collèges lors d’un prochain collectif budgétaire ». Un appel qui ne sera pas entendu.

Télécharger l’intervention de Séverine Botte : Interv SB DPD groupe PS

Télécharger l’intervention de Sophie Hervé : Interv SH DPD groupe PS

Conseil départemental du 20 juin : la grenouille sur le feu… selon Jean-Paul Lecoq

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A l’adresse des groupes de la Droite et du PS au Conseil départemental : « vous êtes prisonniers des mêmes logiques funestes, l’avenir et la modernité sont à inventer sur les ruines de ce que vous défendez. Le Havre et la Seine-Maritime vous montrent le chemin dans la lutte ! ». Jean-Paul Lecoq

Troisième débat du Conseil départemental lundi, à l’initiative du groupe communiste et républicain, Front de Gauche, ouvert par Jean-Paul Lecoq sur le thème des luttes sociales : « Depuis le mois de mars, toutes générations confondues et dans un élan bien plus représentatif du pays réel que ce que l’on nous rebat les oreilles à longueur de JT pour tenter de minimiser cet élan, des femmes et des hommes se lèvent, s’unissent et se mobilisent pour rejeter un dogme économique qui asservi l’être humain pour le seul bénéfice exclusif de quelques-uns. Dans ce combat d’avenir, parce qu’il représente le trait d’union entre le passé, l’héritage de notre République sociale, et le futur qui ne saurait être marqué par la régression, Le Havre et la Seine-Maritime sont en pointe dans les luttes. La colère gronde et se généralise, la volonté de changement aussi, percutant de plein fouet les pouvoirs en place, qu’ils soient économiques et politiques, médiatiques également. Ils récoltent tous la défiance ».

Confrontés à cet élan, Jean-Paul Lecoq a fustigé la réaction des pouvoirs : « Et comme souvent en ces temps annonciateurs de tempête, ces pouvoirs ont tendance à s’enfouir la tête dans le sable et à invoquer la méthode Coué, bardés de leurs certitudes et persuadés de détenir la vérité absolue, d’agir pour le bien commun, d’être l’avant garde éclairée d’un peuple qu’il conviendrait d’infantiliser pour mieux le pressurer. Alors que notre société n’a jamais été aussi riche, alors que le progrès technique n’a jamais été aussi significatif, ils poursuivent leur travail de sape en ne s’apercevant pas qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont tous assis, faisant le jeu, partout en Europe, d’une extrême droite en embuscade prête à tirer son épingle du jeu de l’échec des démocraties à changer la vie des peuples pour la rendre meilleure ».

Dénonçant un « gouvernement arque-bouté pour défendre un engagement patronal pour lequel il n’a reçu aucun mandat, quitte pour cela à se dédire encore un peu plus des engagements, bien réels ceux-là, qu’il avait contracté auprès des salariés pour se faire élire », Jean-Paul Lecoq a estimé que « le pouvoir socialiste vient en ce printemps qui fera date, de couper les derniers liens le rattachant à la Gauche et à ses valeurs ».

Quant à la Droite, le rapporteur du groupe communiste a prévenu que « prise de vitesse, elle se prépare un peu trop vite à récupérer les rênes du pouvoir, en se lançant dans la surenchère, au point que Madelin lui-même, qui défendait le libéralisme au moment où cette doctrine des nantis était encore un gros mot, parle aujourd’hui de purge libérale pour définir ce que les candidats de la Droite et du Centre nous préparent pour les prochaines élections. Moralité, chers collègues socialistes, nous sommes finalement toujours les gauchistes de quelqu’un, question de géométrie ! Sauf que cette fois, vous avez altéré durablement le lien avec le peuple de Gauche. Plus question de nous satisfaire d’une pâle copie pour éviter l’original. La politique souffre trop de mascarades et d’hypocrisie. De toute façon avec cette stratégie du moins pire pour éviter le pire, c’est toujours les extrêmes qui raflent la mise ».

Pour Jean-Paul Lecoq, l’avenir est évidemment ailleurs : « Pendant ce temps, la France debout, de nuit comme de jour, entendez celle qui refuse de se coucher a délivré en ce printemps des signes forts sur sa détermination à mettre en échec un modèle antisocial qui ne produit qu’inégalités et difficultés pour la grande masse des peuples. Les différents mouvements revendicatifs, et je n’évoque pas seulement celui contre la loi travail, convergent pour exiger et aussi pour construire un autre modèle, une autre perspective, un autre dessein ».

Avant de poursuivre : « Ce mouvement est généreux et déterminé, il n’a pas inscrit son action dans le champ réducteur de l’action politique, laissant ainsi à penser à tort à ceux qui dirigent, ici comme ailleurs, qu’ils seraient encore représentatifs. Représentatifs dans une démocratie qui se délite et qui déçoit, où l’abstention bat des records ? Représentatifs dans une République à bout de souffle qui a fait son temps en étant incapable de porter une société apaisée ? Représentatifs oui, des lobbies, des nantis et des entre sois. Gestionnaires comptables d’une pénurie au service d’une doctrine qui a décidé de faire payer les pauvres pour donner aux riches en faisant croire que plus ces derniers seront riches moins il y aura de pauvres. Les vers de Molières étaient à la mode dans cet hémicycle au cours de la dernière séance, je me contenterais pour ma part aujourd’hui pour les qualifier de recourir seulement à l’un de ses titres évocateurs : Tartuffe !! ».

Pour Jean-Paul Lecoq, la suite s’impose : « Vous continuerez sans doute à appliquer les mêmes politiques pour servir les mêmes intérêts. Nous continuerons à nous y opposer avec détermination, mais également avec sérénité car nous savons que vos jours, aux uns et aux autres, entendez par là bien entendu ce que vous portez comme conception de l’action publique, sont désormais comptés. La Fontaine aurait pu en faire une fable, vous me faites penser à cette histoire de grenouille dans une casserole sur le feu qui progressivement voit monter la température sans pour autant s’en inquiéter. Après tout le Président de la République, bien au chaud, l’affirme lui-même : Tout va mieux ! Et ceux, et ils sont nombreux, qui veulent le remplacer à Droite, ils clament que tout ira mieux avec eux. Tout ira mieux lorsque se sera pire encore… On y croit ! »

Avant de conclure : « Vous êtes prisonniers des mêmes logiques funestes, l’avenir et la modernité sont à inventer sur les ruines de ce que vous défendez. Le Havre et la Seine-Maritime vous montrent le chemin dans la lutte ! ».

La Droite a évidemment réagi à cette longue intervention par la voix tout d’abord de Sébastien Tasserie qui a constaté que « le peuple n’est plus en phase avec l’action de ce gouvernement, résultat Le Havre poumon de l’économie trinque ». Après avoir apporté son soutien « à tous les patrons qui payent cette addition avec des baisses de chiffre d’affaires qui auront des conséquences sur l’emploi » et mis en garde contre « ces grèves qui mettent l’économie en danger dans un port du Havre évoluant dans un milieu de concurrence », il a toutefois tenu à souligner l’absence de tout débordement au cours des manifestations. Cependant, pour lui, « les acteurs économiques sont les otages d’un rapport de force entre un gouvernement et des syndicats, le conflit actuel étant le résultat d’un projet de loi qui n’était inscrit dans aucun programme ».

Son collègue Rouennais Bellenger s’est ensuite lancé dans une description apocalyptique des conséquences des mouvements sociaux avant de reconnaitre : « oui monsieur Lecoq, je vous comprends, vous avez été trompé, vous avez été floué par celui qui disait que son ennemi c’était la finance. On peut se rejoindre sur ce que doit être un Etat, une action publique, mais la grande différence entre vous et nous c’est que nous considérons que pour pouvoir partager il fait d’abord créer la richesse ».

Des propos qui ne pouvaient pas laisser Hubert Wulfranc sans réaction : « On peut contester ce conflit social mais personne ne peut nier les enjeux qu’il constitue pour les salariés dans leur trajectoire professionnelle aujourd’hui et celle de leurs enfants demain. On ne peut pas laisser tourner la ritournelle du chantage à l’emploi car ce que l’on observe sur notre axe Seine, c’est un territoire totalement délaissé en termes industriel et de stratégie. Les décideurs orientent l’économie et les finances vers le canal seine nord pourvu de larges financements d’Etat. Ce qui est injecté pour l’actuel axe seine est dérisoire. Ne renvoyez donc pas les turpitudes sur les salariés en lutte ! ».

Après avoir pris l’exemple du terminal multimodal du Havre financé par de l’argent public et offert au privé qui s’est révélé incapable de le faire fonctionner, Hubert Wulfranc a tenu à préciser : « Certes ce conflit perturbe et bouleverse même la vie économique et sociale, mais laisser à penser que de son fait l’avenir de nos places industrielles et portuaires serait engagé est une plaisanterie ! La fermeture de Pétroplus a fait perdre, à elle seule, 10 % du trafic du port de Rouen. L’Etat et les décideurs économiques se sont-ils mobilisés pour autant ? Voilà la réalité. Je vous suis gré cependant de ne pas traiter, au moins ici, de terroristes ou de casseurs les salariés en lutte ! Ils se battent pour leurs droits et pour réclamer une autre politique économique et industrielle ».

Totalement absent de ce débat, le groupe socialiste n’a réagi que sous la forme d’une déclaration lapidaire de son président Nicolas Rouly : « J’observe ce spectacle de gauchisme et me vient à l’esprit une phrase d’Henri Weber : Pour ne pas être mouillée par la bruine libérale vous courrez le risque de la droite la plus autoritaire. Continuez ainsi et vous l’aurez ».

Jean-Paul Lecoq est pour sa part intervenu de nouveau en fin de débat pour conclure : « Vous nous expliquez que ceux qui luttent détruisent l’économie, mettant en danger le port. Vous ne dites pas que ce qui fragilise le port se joue ailleurs. Les grévistes se lèvent de bonne heure, souvent dès 3h du matin, pour dire qu’ils ne peuvent pas accepter un projet de loi qui va aggraver leurs vies et celles de tant d’autres pour les décennies à venir. Un projet de loi initié par l’Europe, par cette politique économique européenne rejetée massivement par le peuple français par référendum. Ceux qui donnent des leçons, de démocratie par exemple, défendent en réalité ceux qui n’ont pas respecté l’avis du peuple ».

Télécharger l’intervention complète de Jean-Paul Lecoq : Interv JPL DPD groupe CRFG

Contournement Est de Rouen, le groupe communiste au Département obtient un débat lors du prochain Conseil Départemental

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A la demande d’Hubert Wulfranc, Maire de Saint-Etienne-du-Rouvray et Président du groupe communiste et républicain, Front de Gauche au Département, le Président Martin vient d’accepter d’organiser un débat sur le projet de contournement Est de Rouen lors du prochain Conseil Départemental du lundi 20 juin. Comme suggéré dans le courrier de demande, le Président du Département a également sollicité la présence de Madame la Préfète de Région à cette occasion.

Le courrier d’Hubert Wulfranc : Let HW contournement Est

La réponse du Président Martin : Réponse débat contournement Est

 

Conseil départemental du 2 février : le Front de Gauche, vent debout contre l’austérité, ne lâche rien !!

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Jeu du chat et de la souris entre la Droite et le PS lors de la session plénière du Conseil départemental du 2 février consacrée notamment au budget. Simple « jeu de rôle » dénoncé par le groupe communiste et républicain Front de Gauche, qui a appelé à une « rupture » avec des politiques économiques et sociales similaires qui conduisent dans le mur… celui se trouvant au fond de l’impasse de l’austérité !

Une séance au cours de laquelle les élus du groupe ont occupé le terrain sur le mode « On lâche rien ! » à travers notamment une douzaine d’interventions argumentées sur les différents sujets à l’ordre du jour :

  • pour la consolidation du secteur public de l’aide à domicile ;
  • pour le respect de la décision du juge judiciaire en matière d’allocations et de contributions familiales pour les enfants placés ;
  • pour que l’aménagement des véloroutes ne s’accompagne pas de destruction de voies ferrées délaissées par la SNCF ;
  • pour que les entreprises percevant des financements publics soient contraintes de devenir mécènes ou partenaires des collectivités locales ;
  • pour que le développement du numérique s’accélère et soit garanti ou encore pour que le schéma de développement touristique intègre un volet dédié au tourisme social, industriel et portuaire…

Changement de stratégie, opportunisme, ralliement ou simple coïncidence (?…) le groupe socialiste est intervenu à plusieurs reprises pour soutenir les positions prises et pour relayer, certes avec d’autres termes, les arguments des élus communistes, Front de Gauche.

Quant à la Droite, visiblement gênée pour mettre en cohérence ses propos de campagne avec la réalité de ses actes maintenant qu’elle est assise dans le poste de pilotage, elle a paré au plus pressé entre modification de dispositifs départementaux, effets d’annonce et postures de gestion estampillées « Chambre Régionale des Comptes ». Une Droite qui s’est privée des quelques marges de manœuvre existantes, dans un contexte de baisse historique des dotations et compensations de l’Etat, en jetant tous les crédits disponibles dans le remboursement accéléré de la dette (50 millions dont 30 résultant des transferts à la métropole rouennaise). Elle a engagé ainsi son œuvre d’austérité départementale, ce choix entrainant des premières conséquences concrètes sur la baisse du niveau d’intervention du Département.

Enfin, le groupe des deux élus indépendants du canton de Bolbec s’est souvent réjoui de la simplification des dispositifs départementaux et du régime engagé en faveur du désendettement… tout en craignant, paradoxalement, que les communes en soient les principales victimes…

Le résumé des débats et interventions du groupe communiste et républicain, Front de Gauche, à télécharger : En Direct 2016 01

Les meilleurs extraits des interventions à télécharger : En Direct 2016 01 – Extraits

Débat de politique départementale du 2 février : le Front de Gauche dénonce les jeux de rôle !

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La séance du Conseil départemental du 2 février s’est ouverte par le traditionnel débat de politique départementale dont le maintien avait été obtenu en début de mandat par le groupe communiste, Front de Gauche.

La Droite a lancé le débat en fustigeant le plan de lutte contre le chômage annoncé récemment par le Président de la République, le réduisant à de « simples effets d’annonce non financés, de courte vue… des mesurettes cosmétiques » avant de revenir sur la progression du nombre de demandeurs d’emploi et de la pauvreté en Seine-Maritime. Le reste de l’intervention s’est transformé en plaidoyer en faveur des propositions du MEDEF et de réquisitoire contre les 35 heures, se réjouissant au passage que « le gouvernement en vienne progressivement à des mesures que nous proposons depuis longtemps », tout en regrettant que cela arrive « bien tardivement ».

L’occasion pour Didier Marie (PS) de défendre l’action du gouvernement et d’appeler à se « rassembler » contre le chômage plutôt que de prendre « en otage » les privés d’emploi. Se croyant bon d’énumérer toutes les mesures prises en faveur des entreprises pour justifier la politique suivie pour lutter contre le chômage, il a invité chacun à « plus de responsabilité », ajoutant que l’augmentation du chômage serait également due à la démographie dynamique de la France !!

Hubert Wulfranc pour le groupe communiste, Front de Gauche, a rebondi sur cette intervention pour constater « qu’en effet le chômage rassemble aujourd’hui, il rassemble pour l’aggraver ! » avant « d’énoncer pour les dénoncer » les mesures en cause : « euthanasie programmée des 35 heures, réforme du contrat de travail et du code du travail (…) témoignent en effet d’un rassemblement mais surement pas celui que les salariés et les privés d’emploi attentent ». Ironisant sur le fait que « la Droite se plaint finalement que le gouvernement n’avance pas suffisamment vite sur ses propres propositions » il a appelé à une autre politique « de toute urgence ! ».

Pour le deuxième débat de la matinée à l’initiative du groupe des indépendants, Dominique Métot s’est félicité de la suppression des Contrats de Proximité et de Solidarité et du 276, « dispositifs trop complexes », avant de s’inquiéter des nouveaux critères envisagés par la majorité en matière de soutiens destinés au bloc communal. Des nouveaux critères risquant de conduire à un « désengagement des zones les plus peuplées en faveur des zones rurales ».

La Droite, par la voix de Blandine Lefebvre, a justifié « la refonte engagée des dispositifs avec pour objectif un recentrage des aides en raison des difficultés financières et de la dette abyssale du Département… Il convient également d’aller vers plus de simplification et de concertation, les élus locaux ne devant plus rentrer dans des cases pour obtenir un soutien départemental ». Le groupe socialiste avait alors beau jeu de rappeler que les dispositifs supprimés, dont il a donné la liste, « répondaient justement à un souci de répartition équitable et transparente de l’aide Départementale en faveur des communes et intercommunalités ».

Hubert Wulfranc a tenu pour sa part à préciser, en faisant allusion à la célèbre phrase de David Vincent que « le cauchemar a déjà commencé !! » en matière d’équité, citant la prochaine modification du calcul des subventions versées par le Département et appelée modulation :

« La modulation : c’est doux comme une mélodie, le réveil sera pourtant brutal pour certaines associations et communes ! Car elle consiste à tenir compte des ratios comptables des collectivités locales plutôt que de la richesse de ses habitants. En clair, les subventions départementales serviront en priorité les territoires dont les populations sont les plus favorisées. Une belle mesure de Droite ! Ce n’est pas une mesure de justice mais une mesure d’iniquité. Les communes ou intercommunalités ayant une population pauvre vont encore être défavorisées alors que des communes résidentielles avec une faible activité économique et sociale, mais avec une population aisée, seront les grandes gagnantes de cette modulation ».

Le troisième débat fut ouvert par Hubert Wulfranc sur le thème : « l’Assemblée des Départements de France et le Département de Seine Maritime en guerre contre le Gouvernement ? De la parole aux actes… ». Partant du constat de « leur incapacité à régler les problèmes auxquels notre société est confrontée depuis des années, sous le coup de l’urgence sociale frappant une majorité de nos concitoyens, les pensionnés du pouvoir, ceux d’aujourd’hui comme ceux d’hier qui s’y verraient bien y retourner demain, font diversion pour masquer leurs propres compromissions, bien qu’ils partagent globalement la même feuille de route libérale ».

 Prenant l’exemple de l’Association des Départements de France dominée aujourd’hui par la Droite « qui multiplie les coups de menton médiatique pour marquer son opposition au Gouvernement sur la question du financement des allocations individuelles de solidarité et en particulier du RSA » il a raillé « le simple jeu de rôle » auquel se livrent le PS et la Droite selon qui est au gouvernement et qui est dans l’opposition : « Or loin de ces coups de menton, et des propos guerriers contre l’austérité imposée par le Gouvernement, c’est un repli austéritaire assumé qu’organise la droite et ce, en totale osmose avec la politique gouvernementale des Valls, Macron, Sapin et Lebranchu. A ce titre, permettez-moi de vous illustrer cette osmose idéologique et politique ». Et de développer les exemples sur la dégressivité de l’indemnisation du chômage, le code du travail, les 35 heures, les licenciements ou encore les accords d’entreprise « là où la pression patronale est la plus forte ».

Fustigeant cette « course à l’échalote de l’austérité », Hubert Wulfranc a appelé à un changement de cap porté par les élus communistes : « lutter contre le chômage, ce n’est pas faciliter les licenciements ou accorder des cadeaux au patronat dans l’espoir d’hypothétiques embauches. C’est d’abord défendre l’économie française sur tous les fronts par une intervention forte de l’Etat : pour construire une politique portuaire et maritime, pour un développement du transport ferroviaire, pour une politique agricole basée sur la proximité, pour une politique de réindustrialisation, une politique du raffinage, une politique de relocalisation ».

Poursuivant en dénonçant « cette accointance idéologique et politique entre le gouvernement et la Droite », Hubert Wulfranc a souligné que lutter contre le chômage, c’est aussi « mettre en échec, en frappant là où ça fait mal, c’est-à-dire sur leurs comptes en banque, les dirigeants d’entreprise et actionnaires qui licencient abusivement. A ce titre, je me permets de vous rappeler que les parlementaires communistes ont soumis en 2013 une proposition de loi visant à interdire les licenciements boursiers ainsi que les licenciements abusifs. Lutter pour l’emploi, c’est aussi encourager la reprise d’entreprise par ses salariés ou encore la commande publique et notamment avoir le droit de favoriser celles qui misent sur l’emploi local, sur la production locale ».

Et de conclure que « déplorer ou dénoncer ne suffit pas. Il faut agir et aller chercher l’argent là où il se trouve, par exemple en ouvrant le chantier d’une véritable réforme de la fiscalité qui mettrait davantage à contribution les produits financiers et les bénéfices, ou autres plus-values, qui s’exonèrent très largement aujourd’hui de la solidarité nationale via de savants montages financiers et fiscaux tolérés par nos lois nationales ».

Agnès Firmin Le Bodo, pour la Droite, s’est « défendue d’être en guerre contre qui que ce soit, juste une démarche pragmatique : simplifier le mille-feuille, en revenir à la notion de juste droit en matière d’aide sociale et obtenir de l’Etat la compensation des allocations de solidarité », avant de dérouler la feuille de route que s’est fixée la majorité départementale.

Hubert Wulfranc a tenu à remercier sa collègue pour sa « réponse technique » tout en lui faisant remarquer qu’il s’agissait de sa part « d’une interpellation politique ». Puis d’ajouter : « j’invite nos contradicteurs à plus de clarté. J’aimerais entendre : oui au nom de la liberté nous assumons le choix de laisser les chefs d’entreprise faire ce qu’ils veulent… oui entre Macron et nous il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de cigarette ! ». Des précisions qui auront visiblement laissé le groupe socialiste sans voix puisqu’aucun de ses membres n’est intervenu dans ce débat.

Pour le dernier débat de la matinée à l’initiative du groupe socialiste, Nicolas Rouly a dressé le premier bilan de la majorité départementale en la plaçant devant ses contradictions et en rappelant celui de la précédente mandature. Concluant que l’équation à laquelle est soumise la majorité « ne relève pas des mathématiques mais de la magie », il a dénoncé son GPS : « un GPS qui n’est pas un Grand Projet Seinomarin mais une Grave Panne Sociale ». Une feuille route qu’il a résumé en deux mots : «Artifice et Sacrifice ». « Une leçon d’autosatisfaction » pour le Président Martin qui a rappelé au groupe socialiste le résultat et les enseignements à tirer des dernières élections avant de refermer le débat. Un débat matinal qui tourna au théâtre lorsque Marie Le Vern voulant répliquer à la Droite en citant du Molière s’est emmêlée les pieds dans les vers.

Pour télécharger l’intervention complète d’Hubert Wulfranc : Intervention DPD février 2016

Budget 2016 du Département : budget centriste, budget triste !!

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Le projet de budget étudié par le Conseil départemental du 2 février, objet de longues présentations liminaires de la part de chaque vice-président souhaitant successivement justifier les choix et arbitrages opérés, a fait dire à Hubert Wulfranc : « vous avez engagé le Département dans une politique de surenchère en faveur du désendettement. C’est votre marque de fabrique, il ne s’agit pas d’une erreur, mais d’une faute. Assainissement des comptes publics selon vous, casse du secteur public selon nous. Car cette logique libérale appliquée à l’échelle territoriale conduit tout simplement à une réduction du niveau d’intervention publique du Département au détriment des seinomarins, des communes et de l’activité économique ».

Et de mettre en garde contre les effets de cette position doctrinaire : « non seulement vous vous privez ainsi de marges de manœuvre, mais pire encore, vous êtes obligés de supprimer des dispositifs et réduire des financements. Résultat : budget centriste, budget triste ! Votre budget permet en effet, comme l’a souligné votre vice-président en charge des infrastructures, « aux routiers de rouler » et j’ajouterais : aux libéraux de se libérer. Bien entendu vous assurez également les dépenses sociales obligatoires, c’est la loi. Mais un point c’est tout ».

Revenant sur le tournant de l’austérité qui s’amplifie aujourd’hui, il a tenu à rappeler : « ce n’est certes pas nouveau, depuis 2011 et le changement du rapport de force au sein de la précédente majorité à l’époque, ce tournant de l’austérité a été amorcé ici par vos prédécesseurs. Cela nous a valu quelques débats âpres dans les rangs de l’ancienne majorité et nous étions là pour peser comme nous l’avons fait dans plusieurs domaines : le maintien du CRED, l’aide à domicile, la prévention spécialisée… Aujourd’hui, vous prenez la main, sans contre-pouvoir, la droite étant unie et rassemblée pour amplifier cette austérité. Ca va faire mal ! ».

Ce premier budget de la nouvelle majorité porte ainsi des « premiers signes de retraits, dans le domaine de l’enfance et de la jeunesse, dans le domaine de l’équité des subventions aux communes. Signes de retrait également dans les politiques de soutien aux centres de loisirs, au BAFA, suppression des bourses scolaires, baisse de l’enveloppe départementale consacrée aux équipements communaux, notamment scolaires, aux aires d’accueil des gens du voyage, diminution de la dotation au service d’incendie et de secours, réduction du nombre de bénéficiaires du Pass’Culture… ».

Bref, pour le groupe communiste, Front de Gauche : « ce budget 2016 manque sérieusement de souffle pour la Seine-Maritime. Nous voterons donc contre parce qu’il n’est pas à la hauteur des besoins et de l’ambition que nous devons porter ».

 

 

Mécénat et partenariat : cela devrait être obligatoire pour les entreprises sponsorisées par les fonds publics !!

Hubert WULFRANC

La recherche de fonds privés par une politique de mécénat et de partenariat inscrite à l’ordre du jour du Conseil départemental du 2 février a été saluée par le groupe communiste, Front de Gauche, estimant qu’elle devrait constituer une obligation pour les entreprises bénéficiant de financements publics. Hubert Wulfranc était à la manœuvre : « comme de nombreuses communes s’y sont engagées, cette recherche constitue un levier pour co-financer des opérations publiques valorisantes. Surtout en ces temps de rationnement des financements publics appelés, en raison de la doctrine dominante au sommet de l’Etat, à financer en masse les bonnes œuvres patronales plutôt que de répondre aux besoins de la Nation et de ses collectivités ».

Moralité pour le président du groupe communiste, Front de Gauche : « donc, que des financements privés viennent ensuite financer des opérations publiques par du mécénat ou des partenariats, ce n’est que justice ! Cela devrait même être un devoir pour tous les groupes du CAC40 sponsorisés par l’Etat ». Par contre, le recours à un cabinet privé passe mal : « nous restons réservés sur la nécessité de recourir à un cabinet spécialisé. Cabinet privé qui, à moins lui-même d’accepter de devenir le premier mécène départemental, va, au passage, prendre sa petite commission sur l’argent public ou sur la collecte de fonds ». Le groupe s’est abstenu, les autres groupes ont voté pour.