Le Conseil départemental du 9 avril a examiné la généralisation des MDAA, les Maisons de l’Autonomie et des Aidants, après l’expérimentation conduite sur le secteur Dieppe/Bray.
Au sein de ces maisons départementales 3 niveaux sont proposés à l’usager : un accueil généraliste, un accueil spécialisé, un parcours d’accompagnement et de prévention pour les réponses. Les 4 nouvelles MDAA sont prévues sur les territoires :
- Le Havre Pointe de Caux en mai
- Entre Seine et Mer (Lillebonne/St Valéry) en septembre
- Rouen en 2027
- Boucles de la Seine en 2027
Maryline Fournier, pour le groupe des élus de la gauche combative, communiste et républicaine, a soutenu ce projet mais en assortissant ce déploiement d’une obligation de moyens.
« Monsieur le Président, Madame la Vice-Présidente,
La création et le développement de la Maison Départementale et des aidants telle que définie dans le schéma unique des solidarités 2023-2027, constitue à n’en pas douter un enjeu majeur de solidarité, de dignité et de cohésion sociale sur l’UTAS Dieppe-Neufchâtel.
Dans une société où le vieillissement de la population s’accélère, où les situations de handicaps sont mieux reconnues, même si l’on déplore le délai encore trop long pour recevoir les notifications de décisions, et où les aidants jouent un rôle essentiel mais invisible, nous avons le devoir d’agir avec détermination.
En effet, force est de constater que les aidants ne se reconnaissent pas en tant que tels et il faut être vigilant à ce qu’aidant ne soit pas synonyme de précarité. Nous devons reconnaître pleinement le rôle des aidants.
Ces femmes et ces hommes, souvent membres de la famille, consacrent une part essentielle de leur vie à accompagner un proche. Ils sont le pilier discret de notre système de solidarité. Pourtant, ils manquent encore de reconnaissance, de répit et de soutien. La MD2A doit être pour eux un refuge, un point d’appui, un lieu où ils trouvent des solutions concrètes.
La maison départementale de l’autonomie et des aidants n’est pas seulement un lien administratif mais avant tout et surtout un espace humain. Je réitère les propos de mon collègue Stéphane Martot qui se réjouit d’avoir une personne et non une boîte vocale lorsque l’on téléphone à la MD2A.
A ce titre il faut souligner la pertinence d’avoir un guichet unique afin que les personnes puissent avoir une réponse à leurs préoccupations, un accompagnement dans leurs démarches tout en préservant la proximité.
Selon le rapport, le socle d’organisation de la MD2A se décline en 3 axes :
- Le premier axe repose sur un accueil généraliste au cours duquel les secrétaires médico-sociales vont pouvoir accueillir, orienter les usagers eu égard à leurs difficultés. Pour autant, il est important de s’appuyer sur les structures existantes et je souhaiterai connaître les modalités pour adhérer au réseau des maisons de l’autonomie.
- Le second axe porte sur un accueil approfondi par des CMS (Centre Médico Social) dédiées qui ont une expertise dans le domaine de l’autonomie. A ce niveau, le professionnel a pour mission d’accompagner l’usager dans ses démarches administratives (besoin d’ouverture de droits, comment demander une mesure de protection… La liste n’est pas exhaustive).
- Le troisième axe se base sur un référent de parcours auprès des personnes âgées pour d’une part assurer une évaluation globale et d’autre part coordonner un plan d’actions. Néanmoins, le département n’a pas conventionné avec toutes les caisses de retraite ce qui indéniablement peut induire un retour à la case départ.
J’ai bien compris que l’essentiel était de se recentrer sur l’accompagnement individuel et la coordination.
Cependant, je souhaite vous faire part de quelques remarques :
- La première est de savoir qui remplit la demande d’APA. Le formulaire a été revisité et aujourd’hui si une personne, seule, le remplit, il est probable qu’elle se voit signifier un refus car elle n’aura pas coché les bonnes cases.
- La deuxième est que le département n’a pas conventionné avec toutes les caisses de retraite ce qui indéniablement peut induire un retour à la case départ.
- La troisième est que rien n’est indiqué sur les révisions des plans d’aide, à qui doit-on s’adresser ? Aujourd’hui, les demandes sont renvoyées auprès des travailleurs sociaux des CCAS.
Il a été dit qu’il était nécessaire de prendre en compte les spécificités territoriales. Cette démarche s’appuie et doit s’appuyer sur les ressources existantes pour le bien des personnes auxquelles on s’adresse.
Pour autant je m’interroge sur le volet ressources humaines. En effet, il est écrit – sur le rapport- que les secrétaires médico-sociales dédiées seront recrutées sur la base du volontariat mais on ne sait pas qui et comment seront pourvus les postes vacants et pour les secrétaires de l’axe 1, je crains une surcharge de travail.
Enfin, dans les résultats attendus de cette démarche, il est préconisé la mise en place d’actions de prévention mais je n’ai rien entendu sur ce sujet. Je souhaiterai savoir si des actions collectives se sont tenues, si oui, combien et le nombre de personnes concernées ?
Pour conclure, investir dans l’autonomie, c’est affirmer que la vulnérabilité ne doit jamais être synonyme d’abandon. C’est faire le pari de l’humain, de la solidarité intergénérationnelle et de la responsabilité collective. »
Pour télécharger l’intervention de Maryline FOURNIER : Généralisation des MDAA – MF