Séverine Botte appelle la Droite à en faire davantage, et à être un peu plus cohérente, pour répondre à l’urgence climatique en Seine-Maritime…

Séverine Botte appelle la Droite à en faire davantage, et à être un peu plus cohérente, pour répondre à l’urgence climatique en Seine-Maritime…

Face aux prévisions catastrophiques du G.I.E.C. normand, comment le Département répond-il à l’urgence climatique ?

Telle est la question posée par les élus écologistes à travers le débat organisé en début de Conseil départemental du 9 octobre estimant que le Département de Seine-Maritime pouvait et devait en faire davantage.

Une analyse et des considérations soutenues également par les élus du groupe de la Gauche combative communiste et républicaine comme l’a exposé sa présidente Séverine Botte.

« Chers collègues,

Merci à nos collègues d’avoir porté ce débat dans l’hémicycle, nous partageons un certain nombre de points notamment sur la sécurité sociale de l’alimentation et toutes les mesures qui allient écologie et justice sociale, et l’engouement qu’a suscité la pétition sur la Loi Duplomb, souligne que ces questions occupent beaucoup nos concitoyens et qu’ils attendent beaucoup des décisions politiques.

Ce débat nous donne aussi l’occasion de saluer le travail remarquable et essentiel de nos scientifiques. S’il appartient aux élus de prendre les décisions, ce sont bien leurs analyses, préconisations et conclusions qui doivent éclairer ces décisions, les guider vers les solutions.

À l’heure de la « trumpisation » où la droite la plus extrême manipule les données et ment à tout va pour faire passer ses idées nauséabondes en recourant à l’obscurantisme, la défense de la science redevient un combat du quotidien.

Ceci étant dit, nous saluons l’existence du Plan Climat 76 et les efforts engagés par le Département pour faire face à l’urgence climatique, notre collectivité se montre rigoureuse, comme en témoigne le rapport annuel de développement durable.

Cet  outil de qualité permet d’évaluer, de corriger et d’ajuster nos politiques. Nous saluons aussi cette exigence dans la création de données fiables d’autant qu’elle accompagne, sans aucun doute, une réelle volonté d’agir.

De ce fait, nous sommes d’autant plus circonspects face à certaines décisions, dont une, récente, qui va frontalement à l’encontre de cette rigueur affichée : je parle de la baisse puis de la suppression de la subvention départementale à l’association ATMO Normandie.

La mesure de la qualité de l’air est d’une utilité publique primordiale, surtout que l’environnement direct est le premier facteur de bonne santé de nos concitoyens. La Seine-Maritime, du fait de son activité pétrochimique et portuaire, est l’un des territoires à l’échelle nationale émettant le plus de gaz à effet de serre.

Votre décision de supprimer cette contribution départementale est de ce point de vue impossible à défendre.

L’argument d’être le seul département normand à financer ATMO est fallacieux. Il n’est pas une raison valable pour abandonner cet outil. Au lieu de se désengager, l’acte politique responsable aurait été d’appeler fermement les autres Départements à contribuer eux aussi à son fonctionnement, dans l’intérêt de tous les Normands.

Affaiblir un outil d’évaluation est tout sauf un gage de confiance envers nos concitoyens et ne fait qu’alimenter la défiance à l’égard des institutions.

Cette incohérence se retrouve également dans d’autres décisions concernant la transition écologique :

  • L’abandon de « Ma Prime Vélo 76 » : Ce dispositif d' »écologie joyeuse » et utile, favorisant l’achat de vélos à assistance électrique était une mesure concrète, populaire et à impact positif. Sa suppression, décidée par vous, Monsieur le Président, est incompréhensible et envoie un message désastreux aux Seinomarins.
  • Le projet autoroutier payant de contournement Est de Rouen, projet estampillé « XXe siècle » qui n’a plus aucun sens en 2025, avec son milliard d’euros d’argent public, ses plus de 500 Ha de terres bétonnées artificiellement (dont 1/3 de forêt et 2/3 de terres agricoles) et ses 50000 tonnes de CO2 supplémentaires émis chaque année, selon la DUP

En résumé, au-delà d’être mortifère pour l’environnement et l’agriculture, ce projet est un véritable doigt d’honneur aux travaux du GIEC Normand ! Il nous mène droit dans le mur, en dépit de toutes les données scientifiques que nous prétendons respecter.

Avec ce genre d’incohérences, la stratégie départementale, bien qu’indispensable, reste encore en décalage profond avec les prévisions établies par le GIEC normand.

La transition écologique n’exige pas seulement des vœux pieux, elle exige de la cohérence, du courage politique et un alignement clair sur les données scientifiques que nous saluons aujourd’hui.

Vous allez me dire que cela coûte de l’argent et qu’en ces temps de restrictions budgétaires, il faut faire des choix. Or la Cour des Comptes pointe que même s’ « il faut faire des efforts pour réduire le déficit, [mais] la transition écologique ne peut pas en être la première victime » et que le coût de la transition reste « bien inférieur à celui de l’inaction ».

Alors, encore une fois, s’il faut faire des économies, faites l ‘économie du contournement Est pour dégager 40 millions qui pourront, tout autant, financer des dispositifs innovants ou continuer à financer des dispositifs existants, aussi utiles aux générations futures qu’aux besoins concrets du territoire. »

Pour télécharger l’intervention de Séverine BOTTE : Urgences climatiques – SB

Sébastien

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