La Conseil départemental du 9 octobre a adopté la convention de soutien des collectivités territoriales à la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) dans le cadre du Programme Pluriannuel d’Investissements nautiques 2025-2029.
La SNSM a secouru 367 personnes au cours de 113 interventions en 2024 en Normandie. Le programme d’investissements pluriannuel de la SNSM pour la Normandie est fixé à 7,7 Millions au total jusqu’en 2029. 17 opérations sont financées dont des investissements sur la vedette de sauvetage du Tréport pour 250.000 €.
La Région finance ce programme à hauteur de 1,9 Millions sur la période, le Département de Seine-Maritime y consacrera 652.000 €. Laurent Jacques est intervenu sur cette délibération qu’il a salué.
« Comme vous vous en doutez, il n’est pas question aujourd’hui de nous opposer à ce projet de convention qui vise à soutenir l’action de la SNSM, bien au contraire, mais cette décision appelle quelques réflexions.
D’une part, il convient de préciser, pour ce qui est de la vedette du Tréport, qu’il ne s’agit pas de son remplacement, mais d’une intervention majeure, programmée pour 2028, qui correspondra à la moitié du parcours de son espérance de vie. Des travaux, visant essentiellement le carénage, sont prévus pour une somme de 250.000 euros.
Ce montant est une estimation réalisée cette année. Comme je l’indiquais, le chantier est prévu pour dans trois ans. Dans quelle mesure les tarifs auront-ils augmenté et dans quelle mesure le plan de financement pourra-t-il est bouclé ?
Cette question se pose d’autant plus que la SNSM, qui doit intervenir à hauteur de 50 % de la dépense, va aussi devoir faire face à des frais en constante augmentation.
Nous l’avons tous constaté, les interventions pour venir au secours des migrants sont de plus en plus nombreuses et, depuis longtemps déjà, elles ne se cantonnent plus au littoral des Hauts-de-France. Face au Tréport, mais aussi sur le reste de la côte normande, les tentatives désespérées se multiplient.
Un simple coup d’œil à la fragilité des embarcations employées laisse augurer d’une augmentation sensible des interventions pour éviter d’alourdir encore plus un bilan humain déjà effroyable.
Il y a quelques jours encore, ce sont quatre corps qui ont été retrouvés, portant au moins à 26 le nombre de décès depuis le début de l’année.
Si l’on envisage le sujet avec la froideur d’un financier, on notera que chaque sortie coûte en moyenne 600 euros uniquement en carburant. La SNSM parvient encore à faire face à cette note, mais jusqu’à quand ?
Quant au plan de financement, il me semble qu’il convient une fois de plus de poser une question : où est l’État ? La sécurité publique n’est-elle pas de son ressort ? Nos gouvernants sont bien souvent aveugles aux réalités du terrain dans de nombreux domaines. Ils le sont notamment concernant la situation de la SNSM dont l’action repose uniquement sur le bénévolat et le financement sur les collectivités locales et le mécénat.
Notre groupe est donc favorable à la signature de cette convention, mais il conviendrait d’y associer une clause de revoyure pour envisager l’augmentation de la participation du Département et une interpellation auprès du gouvernement, interpellation qui pourrait être menée en concertation avec les autres collectivités du littoral qui, sont, dans des mesures variables, également concernées. »
Pour télécharger l’intervention de Laurent JACQUES : Investissements SNSM – LJ