Plan d’actions départemental inclusif : Joachim Moyse soutient, propose et alerte…

Plan d’actions départemental inclusif : Joachim Moyse soutient, propose et alerte…

Le Conseil départemental du 19 juin étudiait un plan pluriannuel d’actions dédié à l’inclusion, et transversal à toutes les politiques publiques du Département.

Les élus de la Gauche combative, communiste et républicaine l’ont soutenu mais non sans avoir, par la voix de Joachim Moyse fait quelques propositions supplémentaires et alerté sur les incohérences constatées entre belles intentions et réalité des budgets publics pour les satisfaire…

« Monsieur le Président,

Ce plan pluriannuel d’actions (PPA) dédié à l’inclusion et transversal à toutes les politiques publiques du Département, va constituer une feuille de route bien utile. Et nous allons le soutenir.

Une inclusion en opposition avec l’exclusion ou la ségrégation, et c’est très bien mis en avant dans le document, et comme d’ailleurs nous aimerions que cela s’applique tout autant à tous les êtres humains, quelque soit leur situation sociale, leur origine, leur couleur de peau etc…

Au moins cette inclusion là, celle des personnes en situation de handicap, progresse depuis plusieurs décennies, même si elle progresse peu et encore long lentement.

Car, malgré toutes les belles paroles et engagements entendus depuis plus de 30 ans, le constat qui pousse aujourd’hui à devoir faire mieux et plus vite, c’est aussi celui de l’état de nos services publics, c’est aussi celui de l’état des finances territoriales et notamment communales, c’est aussi celui de la responsabilité de gouvernements successifs qui sont allergiques à la justice sociale donc fiscale.

Des gouvernements qui continuent de rationner, voir de rançonner – je pense au DILICO -, les collectivités territoriales, alors que c’est elles qui ont pour la bonne part, les clés des solutions, des actions, des améliorations. A condition qu’elles en aient les moyens !

Combien de maires ici peuvent dire qu’ils n’ont jamais du repousser un projet en lien avec l’inclusion, je pense aux projets d’investissements inscrits dans les agendas d’accessibilité programmée par exemple – les AD’AP -, parce qu’ils en avaient plus les moyens ?

L’accessibilité des transports, que l’on évoque dans ce document, ce n’est pas qu’une question de hauteur de quai ou de places réservées PMR, c’est aussi une question de pouvoir d’achat pour y accéder.

De nombreuses agglos l’ont compris d’ailleurs en organisant une gratuité partielle ou totale des transports en commun, ça c’est une solution intelligente.

Et je ne parle pas du ferroviaire que les gouvernements massacrent toujours plus encore et qui fait qu’aujourd’hui en France il coute moins cher de voyager en avion qu’en train !

L’accessibilité du logement, que l’on traite ici, est un incontournable.

Mais on fait comment quand les normes obligatoires en la matière ont été fortement abaissées par la loi ELAN, et en plus lorsqu’il manque des centaines de milliers de logements pour répondre aux besoins ?

L’accessibilité aux droits, c’est incontestable. Et pourtant étude après étude, on nous montre que, malgré les efforts consentis, la part des personnes les plus vulnérables, notamment celles porteuses d’un handicap, qui se trouvent éloignées de l’accès aux droits va croissant…

Forcément puisque le nombre de personnes pauvres ou aux prises avec la précarité va croissant…

On peut multiplier ainsi les exemples et je m’en voudrais de ne pas citer l’état dans lequel se trouvent nos services de santé, à l’hôpital, et en santé mentale notamment…

Et de ne pas citer l’école où les AESH continuent à être contingentées en nombre insuffisant et dépourvues d’un vrai statut et d’une rémunération à la hauteur de leur utilité et de leur engagement.

J’arrête là… mais tout ceci pour dire qu’on ne peut pas d’un côté lorsque l’on siège au Département pousser ce PPA Inclusif, et de l’autre continuer quand on doit prendre des positions nationales, à soutenir des gouvernements et des politiques qui abiment les gens, et en particulier les plus vulnérables, et qui asphyxient nos communes comme nos services publics.

Enfin, sur le contenu de ce PPA Inclusif, plusieurs remarques courtes que l’on pourra développer si vous le souhaitez.

D’abord pour saluer la volonté et les orientations prises ici pour mieux accompagner les aidants (thématique 1.4) et pour lutter contre les violences et discriminations envers les femmes en situation de handicap (thématique 1.7).

Toutes les thématiques sont utiles mais il nous semble que ce qui est proposé pour ces deux sujets précis mérite d’être particulièrement souligné.

Ensuite, et plus critique cette fois, pour regretter que ce plan ne fixe pas des objectifs précis à atteindre, je pense à la MDPH ou au fait de disposer d’une AESH sous vrai statut en face de chaque besoin à couvrir. Ce n’est pas qu’une question qui relève de l’Education Nationale sur ce second point.

Pour la MDPH, au regard du passif et des délais beaucoup trop longs qui perdurent dans les instructions malgré les améliorations, pourquoi ne pas fixer un objectif précis à atteindre dans un calendrier ? 1 première réponse sous 1 mois, 1 réponse sous 3 mois par exemple ? Il y a des signes à donner, une crédibilité à consolider.

« Résorber le retard d’activité et améliorer le délai de traitement des dossiers de demande MDPH » comme indiqué comme objectif dans le rapport reste un peu flou… en tout cas écrit comme cela c’est vrai que vous restez très prudents.

Troisième remarque : puisque la thématique 3.1 est consacrée à la nécessité de mieux accompagner le collège inclusif, je me permets de souligner qu’une expérimentation très réussie de l’avis général, d’une classe inclusive baptisée SOFIA en école élémentaire à Gonfreville l’Orcher existe depuis bientôt 4 ans.

Cette classe mériterait d’être prolongée au collège d’à côté. Et justement ce collège Gustave-Courbet est en reconstruction et offrirait des conditions d’accueil idéales pour de futurs collégiens d’une même classe.

Enfin, un dernier point concernant l’insertion professionnelle parce que cela me remonte de plus en plus des ESAT, les établissements et services d’aide par le travail, et en particulier celui présent sur ma commune.

Favoriser l’inclusion oui, mais cela peut avoir aussi ses limites. En effet de plus en plus de jeunes en situation de handicap accèdent à des formations diplomantes en lycée professionnel par exemple, et non pas en établissement spécialisé comme les I.M.PRO, les instituts médico-professionnels.

Sauf que se faisant, beaucoup pensent ainsi trouver facilement un emploi à l’issue, surtout dans des métiers en tension comme la restauration, mais leur attente se brise parfois face notamment à des employeurs qui ne jouent pas le jeu.

Résultat, une démotivation voir une détresse, en tout cas une impasse que les ESAT sont priés de devoir corriger… »

Pour télécharger l’intervention de Joachim MOYSE : Plan d’actions inclusif – JM

Sébastien

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