Les élus communistes appellent à défendre la sécurité par la Paix et proposent que le Département s’engage dans la culture de paix

Les élus communistes appellent à défendre la sécurité par la Paix et proposent que le Département s’engage dans la culture de paix

Le groupe des élus de la gauche combative, communiste et républicaine a choisi pour thème du débat qu’il a animé en ouverture du Conseil départemental du 27 mars, la nécessité de soutenir la paix, seule voie pour garantir réellement la sécurité comme l’a exprimé Alban Bruneau. Il a également développé des propositions pour que le Département s’engage dans la promotion de la culture de paix.

« L’heure est grave… L’heure est grave, en raison des difficultés croissantes que rencontrent nombre de nos concitoyens pour pouvoir vivre décemmentL’heure est grave, en raison de l’état dans lequel se trouvent nos services publics dans la santé, le logement, les collectivités locales, l’éducation, la protection de l’enfance, les besoins du 3e et du 4e âge etc…

Elle est grave en raison de la situation dans laquelle se trouve la planète, le climat, la biodiversité…

Nous examinons aujourd’hui l’un des pires budgets qu’ait eu à constituer ce Département en raison notamment des dernières décisions gouvernementales dans le budget de l’Etat. Nous vous rejoignons dans vos mots Monsieur le Président quand vous écrivez que, je vous cite, « le coût budgétaire de ces mesures vient obérer nos marges de manœuvre déjà fortement entamées par les réformes successives engagées ».

C’est accablant en effet. Et si nous divergeons sur les causes de ce marasme, nous vous rejoignons sur ce constat amer et inquiétant.

Or, d’Emmanuel Macron à Bruno Retailleau, en passant par toutes les nuances de gris que comptent le Centre et la Droite, ils entendent en rajouter avec un doublement des crédits consacrés dans le budget de la Nation pour l’armée et l’armement.

Le poids du budget militaire en France a déjà augmenté de 50 milliards d’euros pour 2025, et ils le veulent autour de 120 milliards d’euros par an d’ici 2030 !

Le tout sans augmenter les impôts, donc en serrant encore plus le garrot sur les services publics, les collectivités, et en repoussant encore davantage l’âge légal de départ en retraite.

Et au nom de quoi ? De la sécurité ? Bah voyons, encore une fois elle a bon dos la sécurité. Cela sous entend que la France aurait déserté le champ de sa propre sécurité et qu’il faudrait s’y réengager ? Bien sur que non !

Primo, les dépenses de l’armée constituent déjà en France le 1er poste des dépenses des ministères, devant l’éducation et juste après le fonctionnement de l’Etat.

Secundo, la France finance déjà la rénovation de son arsenal nucléaire qui coûte 27 Millions d’€ par jour, 10 Milliards par an.

Tertio, même avec ce qu’ils comptent dépenser en plus, le budget de l’armement en Europe serait encore loin de ce que les USA, la Chine ou la Russie y consacrent.

En augmentant les dépenses militaires, on pousse les autres à en faire autant. C’est un enchaînement qui conduit non pas à la paix mais qui alimente l’insécurité, les menaces, les dangers.

Les seules périodes de l’histoire où la sécurité a été réellement assurée, sont les périodes marquées par le désarmement, les traités internationaux et le respect des résolutions de l’ONU.

Enfin, le terrorisme, les attaques cyber qui constituent toujours un danger majeur pour nos démocraties, ne se combattent pas jusqu’à preuve du contraire, avec des canons et des porte-avions.

En attisant la menace de la guerre, ils jouent sur les peurs pour tout pouvoir justifier y compris la fin des réponses à apporter aux besoins fondamentaux des habitants.

Le sur-armement est une impasse, seule la Paix permet de garantir réellement la sécurité. Paix sociale, paix civile, paix géopolitique.

La guerre en Ukraine est une guerre coloniale menée par la Russie. Et comme toutes les guerres coloniales, comme la Palestine, c’est par le droit international et la justice internationale pour le faire respecter que se trouve son issue durable. 

La seule sécurité c’est la paix, le désarmement, le droit international, et la culture de paix.

La paix, c’est la sécurité globale : éducative, alimentaire, accès à l’eau, sanitaire, sociale, environnementale et j’en passe. Et de ce point de vue, le Département a toute sa place dans la constitution d’une culture de paix.

Plusieurs Départements et la Région Normandie sont membres de l’Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix (AFCDRP) branche Française du réseau mondial « Mayors for Peace ». Nous proposons que le Département de Seine-Maritime fasse de même et qu’au-delà de cette adhésion et de ce travail en réseau, engage clairement la collectivité dans cette promotion de la culture de la paix.

Ce département a une longue tradition de coopération internationale qui fait l’unanimité parmi nous. Conduire une véritable politique publique en faveur de la paix, aurait du sens, du bon sens, du beau sens.

Surtout à l’heure où le ministre des affaires étrangères qui devrait être mobilisé H 24 pour la paix, passe une partie de son temps dans les établissements scolaires pour, je cite, « réarmer la jeunesse ». Bonjour le message ainsi véhiculé !

Au contraire, inscrivons dans le catalogue du CRED des initiatives autour de la paix dont les équipes éducatives pourront s’emparer. Accueillons le Peace Boat qui va amarrer en juin dans le port du Havre, pour permettre aux classes des collèges de rencontrer et de discuter avec les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki, les Hibakusha, ou célébrer la Journée Internationale de la Paix chaque 21 septembre.

Lançons ou utilisons les appels à projets pour promouvoir la paix. Nous disposons d’un fort savoir-faire en matière d’actions culturelles, d’exposition grand public, et d’autres outils existent déjà, saisissons-nous-en.

Et franchement, par expérience d’un maire dont la commune est fortement engagée dans cette voie, la colombe étant son symbole, ce n’est pas ce que cela coûte financièrement qui constituerait un quelconque frein.

En revanche, c’est un investissement inestimable pour faire régresser les logiques de guerre, et la violence qui naît et s’alimente de ces logiques de guerre dès le plus jeune âge.

Promouvoir la paix, c’est faire œuvre utile, reconnue d’utilité publique. »

(Conclusion à l’issue du débat)

« A travers le choix de ce thème pour animer notre débat de politique départementale, mon groupe a tenu à alerter sur les conséquences des logiques guerrières qui s’expriment depuis plusieurs semaines.

Non seulement elles ne peuvent conduire qu’à une escalade, une course à l’échalotte, qui nous éloignerait de toute paix durable, mais de plus ces logiques de sur-armement viendraient assécher encore un peu plus nos collectivités et nos services publics.

Mais, au-delà de ce débat qui je pense a été utile parce qu’en effet le sujet est assez sérieux et inquiète suffisamment nos concitoyens pour que lui consacrions un espace, ce que j’en retiens c’est que tout le monde au sein de ce Conseil départemental affiche sa volonté, sa conviction, d’œuvrer pour la paix.

Il nous semble donc que les conditions sont réunies Monsieur le Président pour que notre collectivité développe des actions pour promouvoir la paix, la culture de paix et la lutte contre la violence, contre les violences de toutes formes.

Des propositions ont été avancées pour avancer justement dans cette direction, nous sommes disponibles pour contribuer à les mettre en œuvre. »

Pour télécharger l’intervention d’Alban BRUNEAU : La sécurité par la paix – AB

Sébastien

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