Comme chaque année à même époque, le Conseil départemental prenait connaissance lors de sa séance du 6 février, du rapport annuel 2024 sur les politiques que mène le Département sur son territoire, les orientations et programmes de nature à améliorer le développement durable et à contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable inscrits au programme de développement durable à l’horizon 2030 par l’Assemblée générale de l’ONU.
Un rapport qu’Alban Bruneau a commenté au nom des élus du groupe de la Gauche combative, communiste et républicaine, en y ajoutant une série de recommandations et de propositions…
« Pour commencer, je tiens à remercier les services pour la rédaction de ce rapport qui comme chaque année est de qualité tant sur la forme que sur le fonds. Un rapport qui démontre l’action de notre collectivité, mais le chemin pour atteindre une société vertueuse et durable est encore long et semé d’embûches.
En effet, l’actualité en matière de développement durable n’est pas des plus réjouissante en ce début d’année. L’élection de Trump soutenu par les ultras riches dont Elon Musk n’est pas une bonne nouvelle pour notre planète. Le président de la première puissance mondiale vient de faire sortir son pays des accords de Paris pendant que son acolyte salue la foule avec un salut nauséabond qui n’était certainement pas d’origine romaine.
Il ne s’agit plus de menace envers la démocratie mais bien d’une attaque massive et ciblée envers les plus précaires, les minorités et la planète. Ces gens-là ne servent que leurs propres intérêts, en imposant la loi du plus fort. Poussés par l’avidité et la cupidité, ils nous conduisent droit vers l’autodestruction.
Mais, il n’y a pas qu’outre Atlantique que l’on poursuit les décisions absurdes et hypocrites. La présidente de la Commission Européenne (Ursula von der Leyen) a signé le 6 décembre dernier la mise en place du Mercosur. Après le CETA voté en 2019 par les libéraux, En Marche et Modem, voici que nous mettons en place un nouvel accord de libre-échange pour toujours plus de profits au détriment de l’environnement et de nos agriculteurs
Ce sont les mêmes qui prennent ces décisions, que l’on voit défiler sur les plateaux télés pour dire à quel point ils comprennent les fortes problématiques rencontrées par le monde agricole, bien sûr qu’ils les comprennent, ils en sont la cause.
Et ces dernières semaines, à droite, c’est le concours Lépine des propositions pour lutter contre l’écologie, suppression de l’agence de la transition écologique (l’ADEME), de l’agence bio ou encore de l’Office Français de la Biodiversité qui fait office de police de l’environnement, qui a notamment dans ses missions la préservation de la biodiversité de la ressource en eau et la lutte contre les pollutions.
Quand il s’agit de taper sur les plus précaires, on n’hésite pas à sortir les moyens coercitifs, par contre pour les pollueurs, on supprime la police. Deux poids, deux mesures…
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise police, mais une police juste et utile qui est là pour faire appliquer la loi, pourquoi donc proposer de sacrifier celle dédiée à l’environnement ?
Nous réaffirmons, ici notre soutien à l’ADEME qui accompagne entreprises et collectivités dans leur transition écologique ; à l’Agence Bio qui œuvre à développer la filière bio bénéfique pour l’environnement, la santé et qui favorise une agriculture paysanne en lien avec les territoires, et à l’OFB qui sur le terrain travaille au quotidien à préserver notre cadre de vie.
Malgré un contexte international et national qui va à contre sens, localement, à l’échelle départementale, nous agissons.
Que ce soit via les aides aux petits investissements des agriculteurs, la mise en place de « Mon panier 76 », le soutien que nous apportons aux structures qui lutte contre la précarité alimentaire, le fonds de solidarité logement pour aider les habitants à se loger, les aides pour les destructions de nids de frelons asiatiques… Les actions sont nombreuses, utiles et nous devons les poursuivre.
En parlant de poursuite, il n’est pas fait mention dans le rapport, du dispositif « Ma prime vélo 76 » qui venait aider les habitants à acheter des vélos électriques. Le dispositif est-il supprimé ? Si oui, pourquoi ? il me semble qu’il rencontrait pourtant un franc succès.
Une nouveauté en 2024 et nous nous en réjouissons, c’est la mise en place dans tous les collèges de distributeurs de protections périodiques à destination des collégiennes. Une mesure sociale bénéfique pour lutter contre la précarité menstruelle.
Concernant la santé, je réitère mon appel pour la création d’un observatoire local santé-environnement. En effet, notre département fait malheureusement partie de ceux où la population est la plus touchée par le cancer. Les facteurs sont multiples, sédentarité, alimentation, précarité ou encore exposition aux pollutions. Un enjeu majeur pour notre Département, l’industrie pétrochimique étant particulièrement implantée sur l’Axe Seine.
Cet observatoire permettrait de créer un réseau d’acteurs sur le territoire, de suivre et de comprendre l’état de santé de la population du territoire et de créer des données objectives inédites sur le lien entre qualité de l’air et santé des habitants en y associant des partenaires majeurs comme ATMO Normandie, HAROPA, nos universités ou encore nos groupes hospitaliers.
Enfin, il est nécessaire de rappeler une nouvelle fois que l’ensemble des actions mise en place par notre collectivité en matière de développement durable est balayé d’un revers de main si vous continuez, Monsieur le Président, à soutenir le contournement Est de Rouen par la création d’une autoroute payante.
Un projet inutile, d’un autre temps qui risque de sacrifier des centaines d’hectares de zones naturelles et agricoles. Arrêtons cette folie, en ce 6 février, il est encore temps de prendre des bonnes résolutions Monsieur le Président, des résolutions tournées vers l’avenir et non vers l’artificialisation de nos espaces naturels. »
Pour télécharger l’intervention d’Alban BRUNEAU : Rapport développement durable – AB